Vidéos des violences et citations choisies à l'appui, l'accusation a repris son exposé implacable au troisième jour d'un procès historique qui, selon le président Joe Biden, a peut-être fait bouger les lignes.

L'attaque sanglante du 6 janvier "était l'apogée des actions du président, pas une anomalie", a lancé Jamie Raskin, qui dirige l'équipe d'élus de la chambre des représentants chargée de porter l'accusation contre le milliardaire républicain. "Qui, dans cette chambre, peut croire qu'il arrêtera d'inciter à la violence pour parvenir à ses fins, s'il est autorisé à revenir dans le Bureau ovale?", a-t-il lancé à l'adresse des cent sénateurs, à la fois juges, jurés et témoins.

L'ancien magnat de l'immobilier reste très populaire à droite et il est peu probable que 17 des 50 sénateurs républicains acceptent de voter avec les 50 sénateurs démocrates pour former la majorité nécessaire à un verdict de culpabilité.

Des policiers hurlant de douleur, des élus terrifiés, des assaillants menaçants: mêlant des extraits de caméra de surveillance, parfois inédits, aux vidéos mises en ligne par les émeutiers, l'accusation a rappelé aux sénateurs qu'ils avaient eux-mêmes échappé de peu "au pire".

Ils ont aussi replacé l'assaut dans le contexte de la croisade post-électorale du 45e président américain. "Le grand mensonge": c'est ainsi qu'ils ont décrit la longue campagne de désinformation sur l'élection entretenue par le républicain qui a répété pendant des semaines, sans preuves, qu'il avait été victime de fraudes électorales massives.

Installé en Floride, Trump a refusé de témoigner. Mais sa voix n'a cessé de retentir dans l'hémicycle de la chambre haute du Congrès, où ses accusateurs ont projeté de nombreux extraits de ses discours, reproduit ses tweets incendiaires, cité ses propos les plus polémiques.

Trois agents sont morts dans ou en lien avec l'attaque: l'un a été frappé par un extincteur, les deux autres se sont suicidés dans les jours suivants, ont rappelé les démocrates, en insistant sur les "brutalités" subies par les forces de l'ordre en ce jour funeste, et le "traumatisme" durable infligé à tous les employés présents dans le temple de la démocratie américaine.