Plus de 300 Afro-Américains ont perdu la vie à Tulsa dans le quartier de Greenwood, la nuit du 1er juin 1921.

La polémique a fait rage aux États-Unis mais n'aura pas eu raison de la volonté de Trump d'organiser son premier meeting de reprise à Tulsa. Les Américains avaient pourtant vivement dénoncé le choix du président d'organiser cet événement dans un lieu au passé si lourd dans le contexte actuel. Depuis plusieurs semaines, des milliers de personnes se mobilisent à travers le pays pour revendiquer la fin des violences policières et du racisme. Donald Trump a, quant à lui, célébré la reprise de sa campagne électorale là où s'est déroulé un massacre racial, considéré comme l'un des pires épisodes de l'histoire des Etats-Unis. 

Tout a débuté le 30 mai 1921 avec un banal fait divers. Un cireur de chaussures noir est accusé d'avoir agressé une femme blanche dans un ascenseur. Les tensions interraciales sont encore bien présentes à l'époque et il n'en faut pas plus pour mettre le feu aux poudres. Des centaines d'Américains blancs viennent demander la tête du cireur de chaussures devant le tribunal de Tulsa. La communauté noire, marquée par les lynchages trop de fois rencontrés, vient s'interposer entre les manifestants et le lieu où est détenu l'accusé. Le ton monte, la première balle est tirée, marquant le début d'hostilités qui vont profondément endeuiller le pays. 

© REPORTERS


Tout se passe très vite. Les manifestants blancs sont bien décidés à semer la panique auprès de la communauté afro-américaine. Ils se rendent pendant la nuit dans le quartier de Greenwood, surnommé le "Black Wall Street". Ils pillent et brûlent les commerces tenus par des noirs. Ils incendient une église et un hôpital. Ils criblent de balles les maisons qu'ils savent habitées par des Afro-Américains. Ils auraient même été jusqu'à utiliser des avions pour déverser des bombes incendiaires sur la partie de la ville qui autrefois suscitait la jalousie à cause de sa prospérité.

© REPORTERS


Ce n'est qu'à l'arrivée de la Garde nationale, 24 heures plus tard, que la situation se calme. Au terme d'affrontements qui auront mis le quartier de Greenwood à feu et à sang, quelque 10.000 personnes - quasiment toutes afro-américaines - se retrouvent à la rue. Elles sont placées dans des camps par les forces de l'ordre. Pas moins de 300 Afro-Américains auraient perdu la vie lors de ce massacre, tandis que 1.200 bâtiments ont été détruits. Mais pas un seul des émeutiers blancs n'a été condamné. Personne n'aura dû répondre devant la justice de ce qui est considéré aujourd'hui comme l'un des pires épisodes de l'histoire américaine. 

© REPORTERS