Ce sont des informations pour le moins interpellantes que révèle ce vendredi The Guardian. Le média britannique, documents à l'appui, affirme que la police canadienne était prête à tirer sur des autochtones qui bloquaient leur région afin que ne puisse s'y construire un gazoduc.

Cela se serait passé l'hiver dernier, dans le nord de la Colombie-Britannique, province la plus à l'ouest du Canada. Selon les documents (des dossiers de police comprenant des transcriptions des séances de stratégie de la police, des rapports déposés après le raid et des fichiers audio et vidéo), les commandants de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) auraient estimé qu'une "surveillance mortelle était requise", c'est-à-dire un déploiement de tireurs d'élite dans la zone.

Selon le rapport, les commandants de la GRC auraient également demandé à leurs hommes "d'utiliser autant de violence qu'ils le souhaitaient" contre un barrage routier qui avait pour but d'empêcher la construction du gazoduc.

Les habitants de Wet'suwet'en et leurs partisans avaient en effet installé en décembre 2018 un point de contrôle pour contrer ce projet de 670 km de Coastal GasLink. Début janvier 2019, des agents de la GRC, armés de fusils d'assaut, sont descendus au point de contrôle, l'ont démantelé et ont arrêté 14 autochtones.

A nos confrères canadiens d'Espaces autochtones, l'un des leaders des manifestations, le chef Na'Moks, affirme ne pas être surpris par les récentes déclarations du Guardian. "Nous savions que les tireurs d'élite étaient là, j'étais en première ligne. Tout ce qui s'est passé était prémédité", déclare-t-il. Et d'ajouter: "Ils allaient nous tuer". Lui affirme pourtant: "Nous ne sommes pas un peuple violent. Nous voulons une terre propre, une eau propre, une air propre. La seule arme que nous avions était nos chansons et notre plume d'aigle".

Depuis lors, selon The Guardian, tout est mis en place pour que la population autochtone ne puisse plus s'opposer à la construction du gazoduc. "Ce que j'ai vu au cours de l'année dernière, ce n'est pas seulement l'oppression violente de la GRC et de l'État le 7 janvier, mais l'occupation continue de nos territoires et la surveillance de notre peuple et du camp par les forces de police", déclare ainsi Molly Wickham, une autre protectrice des terres de la région.

En attendant, des manifestations en soutien à la "nation Wet'suwet'en" ont eu lieu à travers tout le pays. Et les dernières révélations ne devraient pas laisser la population de marbre.