Le procès tant attendu de l'ancien producteur-star d'Hollywood, Harvey Weinstein, s'ouvre ce lundi 6 janvier. L'homme qui déchaîne les passions depuis le 5 octobre 2017, date des premières révélations à son égard, risque la perpétuité pour son comportement sexuel "prédateur". Pour se défendre, l'ex-patron du studio Miramax n'a pas choisi n'importe qui. En effet, Weinstein s'est assuré d'avoir à ses côtés une pénaliste ayant déjà remporté avec succès plusieurs procès visant des hommes accusés de harcèlement sexuel.

Mais sa spécialisation depuis 15 ans dans ce genre d'affaires n'est pas la seule raison pour laquelle Weinstein a décidé d'engager Donna Rotunno. Avoir une femme dans son camp semble être un atout de taille pour l'homme accusé d'agression sexuelle. "Je reçois beaucoup d'appels téléphoniques (NDLR: d'hommes dans une situation semblable à celle de Weinstein), a déclaré l'avocate à Vanity Fair. Je pense qu'ils réalisent que cela peut être un avantage pour eux".

Si ses clients voient son genre comme un atout, la pénaliste le pense aussi. " Quand j'interroge quelqu'un à l'audience, je peux aller beaucoup plus loin qu'un homme avocat, a-t-elle ainsi expliqué en 2018. Ce peut être un excellent avocat mais s'il lâche le même venin que moi, il aura l'air d'une brute".

La femme n'a pourtant pas toujours adopté cette démarche. Après des études de droit à la faculté de Kent, elle se spécialise dans les pensions alimentaires et plus particulièrement dans les procès concernant les hommes qui refusent de les payer.

Ce n'est que quelques années plus tard qu'elle change de camp et prend la défense des hommes visés par des procédures judiciaires dans le cadre d'agressions sexuelles. Elle fait son apparition sur le devant de la scène, aux côtés d'Harvey Weinstein, le 11 juillet 2019 à l'occasion d'une audience au tribunal de Manhattan. Si Donna Rotunno n'est pas une star du barreau à l'époque, elle ne manque pas de rapidement se faire connaître par ses déclarations, souvent décriées, en opposition au mouvement #MeToo. "Les femmes qui n’assument pas la responsabilité de leurs actions s’infantilisent elles-mêmes", lance-t-elle ainsi, s'attirant les foudres d'un bon nombre d'Américaines. De vives réactions qui ne l'empêchent pas de réitérer ses propos polémiques. "Si vous ne voulez pas être une victime, ne montez pas dans la chambre d’hôtel", persiste celle qu'on surnomme "le Bouledogue" dans les salles d'audience de Chicago.