Lenin Moreno, qui aime à se présenter comme "un homme de dialogue", affronte la première crise de son mandat.

Le président équatorien Lenin Moreno, qui affronte la première crise majeure de son mandat, est un ancien chantre du "socialisme du XXIe siècle" qui a rompu avec son mentor, l’ex-président Rafael Correa (2007-2017) - ce dernier vit aujourd’hui en Belgique.

Mis sous pression depuis une semaine par des milliers de manifestants qui dénoncent une hausse massive des prix du carburant, Lenin Moreno, qui aime à se présenter comme un homme de dialogue, a immédiatement donné le ton en déclarant l’état d’urgence sur tout le territoire. "Cette époque est révolue", a lancé le chef de l’État aux manifestants, en référence au déclenchement de grèves qui ont entraîné le renversement de trois présidents entre 1996 et 2007.

Élu en mai 2017 avec la promesse de poursuivre la "Révolution citoyenne" lancée dans ce petit pays andin par son prédécesseur et ancien allié Rafael Correa, Lenin Moreno a toutefois rapidement pris ses distances en adoptant des mesures jugées libérales. Il a d’abord renoué avec les milieux d’affaires, les multinationales et les médias, secteurs les plus remontés contre l’ancien président, dont il fut le vice-président de 2007 à 2013. M. Moreno s’est aussi éloigné du chavisme et a rétabli des relations avec les États-Unis et le Fonds monétaire international (FMI).

Ce diplômé en administration publique, qui a aussi étudié pendant quelques années la médecine et la psychologie, est le premier président équatorien à se déplacer en fauteuil roulant car il est paraplégique depuis une blessure par balle lors d’un vol à main armée en 1998.

Son engagement en faveur des invalides a valu à ce franc-maçon d’être nommé pour le prix Nobel de la paix en 2012. Il explique avoir surmonté sa paralysie par l’humour, aime faire rire et truffe habituellement ses discours de plaisanteries. Il est par ailleurs l’auteur d’une dizaine de livres, notamment de développement personnel.

Lenin Moreno est né le 19 mars 1953 à Nuevo Rocafuerte, près de la frontière avec le Pérou, dans une famille de la classe moyenne, installée à Quito quelques années après sa naissance. Il est marié depuis 40 ans à Rocio Gonzalez, dont il a eu trois filles.