La haute juridiction, dont un tiers des neuf juges ont été nommés par Donald Trump, examinera dans quelques mois une loi de l'Etat du Mississippi qui interdit la plupart des avortements à partir de la 15e semaine de grossesse, même en cas de viol ou d'inceste.

"Les alarmes sonnent bruyamment face à cette menace", a immédiatement commenté Nancy Northup, la présidente du Center for Reproductive Rights qui a saisi la justice contre la loi du Mississippi. "La Cour suprême vient juste d'accepter d'étudier un texte qui, sans aucun doute, viole près de 50 ans de ses propres décisions", a-t-elle souligné.

La haute Cour a en effet reconnu en 1973 un droit constitutionnel à l'avortement dans son arrêt emblématique "Roe v. Wade". Elle a ensuite précisé que les femmes pouvaient avorter tant que le foetus n'est "pas viable", ce qui correspond à environ 22 semaines de grossesse.

Une partie de la population, notamment dans les milieux religieux, reste farouchement opposée aux interruptions volontaires de grossesse (IVG) et les Etats conservateurs, notamment dans le sud et le centre du pays, ont adopté, au fil du temps, des lois pour restreindre l'accès des femmes à ces interventions.

Mais les lois qui contredisent directement le cadre fixé par la Cour suprême, notamment celles interdisant tous les avortements ou limitant les IVG aux premières semaines de grossesse, ont jusqu'ici été systématiquement invalidées par les tribunaux.