L'ONG a par ailleurs fait état, pour la période de juillet à septembre, de plus de 100 attaques contre des journalistes de la part du chef de l'Etat, de ses fils ou d'autres "proches alliés". "Cette posture ouvertement hostile à la presse est devenue la marque de fabrique" du gouvernement brésilien, insiste RSF.

"Au-delà des agressions, il y a un climat de défiance vis-à-vis de la presse, de la désinformation et une restriction de la diffusion de données officielles pour contrôler le débat public", poursuit le rapport. Sans compter l'"opacité" avec laquelle a été gérée la crise du coronavirus, qui a tué plus de 154.000 Brésiliens.

Le rapport de RSF évoque également le "harcèlement judiciaire comme mécanisme de censure", avec des procès "abusifs" contre des journalistes ou des médias. L'ONG cite en exemple une décision d'une juge qui a interdit à TV Globo, la plus grande chaîne de télévision du Brésil, de montrer à l'antenne des documents liés à l'enquête contre Flavio Bolsonaro, le fils aîné du président, soupçonné de détourner des fonds publics en employant des salariés fantômes.

Interrogé au sujet de cette affaire par un journaliste en août, le chef de l'Etat avait répondu : "J'ai envie de te fermer la gueule à coups de poing".

Le Brésil figure à la 107e place du classement mondial de la Liberté de la presse établi par RSF.