Il est très certainement l'un des assaillants du Capitole qui a fait couler le plus d'encre. Sa tenue déjantée, son visage peint aux couleurs des Etats-Unis et sa toque à cornes ont permis à Jake Angeli (de son vrai nom, Jacob Anthony Chansley) de marquer les esprits, exactement comme il le souhaitait. Mais ses actes allant à l'encontre de la loi l'ont tout droit conduit à la case prison. Arrêté et inculpé pour intrusion illégale et pour conduite violente, le "chaman" (autoproclamé) de QAnon aurait changé d'avis à l'égard des événements du 6 janvier. Ce dernier qui avait présenté l'insurrection qui a entraîné la mort de cinq personnes comme un "triomphe", la voit désormais sous un autre angle. En cause ? Non pas une prise de conscience tardive, mais bien le refus de son "chef" de le gracier. En effet, à la fin de son mandat, Donald Trump a accordé la grâce présidentielle à une série de proches et de fidèles suiveurs. Mais Jake Angeli, ni même aucun des émeutiers du Capitole, n'en faisait partie.

S'estimant aujourd'hui "trahi" par l'ancien chef d'Etat, le "chaman" de QAnon envisagerait de témoigner contre lui à son procès en destitution, comme a rapporté son avocat à Associated Press. "Il est important que les sénateurs entendent la voix de quelqu'un qui a été incité par Trump", a estimé son avocat Albert Watking auprès de l'agence AP. 

L'homme a pourtant été un fervent supporter du président dès son entrée en fonction. Il l'a soutenu également après l'élection de novembre 2020, se rendant à des meetings dans l'Arizona pour appuyer l'argument de Trump selon lequel le scrutin était "truqué". C'est également pour montrer son allégeance au président républicain qu'il a dit avoir pris d'assaut le Capitole. Trump avait, dans un tweet, demandé aux "patriotes" de "marcher vers Washington". 

C'est précisément pour ces incitations que le milliardaire se retrouve au cœur d'une seconde procédure de destitution. De nombreuses voix se sont élevées à la suite des événements du 6 janvier pointant la responsabilité de Trump dans cette insurrection. Le procès, qui est censé débuté en février, pourrait mener l'ancien locataire de la Maison-Blanche à perdre les privilèges réservés aux anciens présidents américains