Dénonçant "le monde de l'hégémonie, le monde de l'impérialisme" lors d'un discours enregistré à l'Assemblée générale de l'ONU, à l'occasion d'un sommet virtuel célébrant son 75e anniversaire, Nicolas Maduro a insisté sur la nécessité d'être "unis" face à la pandémie.

"Le Venezuela défend un monde multipolaire, un système des Nations unies renouvelé, un système qui sache faire exécuter le droit international et protéger les peuples du monde", a-t-il souligné, en critiquant les attaques américaines, sans nommer les Etats-Unis, contre l'Organisation mondiale de la santé. "Ce n'est pas le moment d'insulter, de menacer l'OMS, il est l'heure aujourd'hui de s'unir en sa faveur", a-t-il plaidé.

"Le monde a su vaincre le fascisme il y a 75 ans. Le monde gagnera aussi contre ceux qui cherchent à l'emporter à titre hégémonique, contre les idées impérialistes, il pourra vaincre le néo-fascisme (...) pour la construction d'un monde nouveau sans pouvoir hégémonique, un monde appartenant au peuple", a martelé le président du Venezuela dont la légitimité n'est plus reconnue dans de nombreux pays.

Intervenant pour Cuba, le chef de la diplomatie de ce pays, Bruno Rodriguez Parrilla, a aussi critiqué les Etats-Unis. "En cet anniversaire des 75 ans de l'ONU, le multilatéralisme et le droit international sont menacés par la plus grande puissance mondiale. Le comportement irresponsable des Etats-Unis est le danger le plus important pour la paix et la sécurité internationales", a-t-il dit. "Il semble que (les Etats-Unis) soient en guerre avec la planète (...) et ses habitants", a-t-il déploré en critiquant le "blocus économique, commercial et financier" imposé par Washington à son pays.

Le sommet virtuel interrompu

Lundi soir, après ces discours, le président de l'Assemblée générale de l'ONU, le Turc Volkan Bozkir, a interrompu le sommet-anniversaire virtuel des 75 ans de l'Organisation, en raison de l'heure avancée et l'impossibilité matérielle de diffuser 55 discours restant. Il n'a donné aucune indication sur la date à laquelle ce sommet pourrait reprendre. 

Selon un diplomate, le sommet-anniversaire pourrait ne reprendre que mercredi de la semaine prochaine. La session annuelle doit en effet durer une semaine et se traduire par des vidéos enregistrées par les dirigeants de la planète ne devant pas excéder chacune 15 minutes.

Pour le sommet-anniversaire lundi, l'ONU avait requis des discours enregistrés ne dépassant pas les trois minutes. Très peu des 126 dirigeants qui ont pu prononcer leur allocution s'y sont tenus, entrainant un retard considérable dans le déroulé de l'évènement.

Le président américain Donald Trump devait selon le programme prendre la parole en début de cérémonie, son pays accueillant l'institution. Toutefois, c'est la vice-ambassadrice Cherith Norman Chalet qui s'est en fin de compte exprimée en son nom. Une absence qui a été remarquée.

Comme ce qui est prévu pour l'Assemblée générale annuelle, un diplomate représentant chaque pays était tenu pour le sommet-anniversaire de prendre la parole à son siège pour "introduire" le discours de son dirigeant.

Une procédure lourde et contraignante imposée selon des diplomates par la Russie, réfractaire au virtuel. Moscou a menacé de ne pas faire reconnaître les vidéos comme documents officiels des Nations Unies si elles n'étaient pas liées à une présentation physique, selon les mêmes sources.