La politique de Washington de "pression maximale" sur l’Iran s’est transformée en "isolement maximal" pour les États-Unis, a déclaré dimanche le président iranien, Hassan Rohani, après que les grandes puissances ont rejeté l’annonce américaine du rétablissement des sanctions onusiennes contre Téhéran.

Les États-Unis ont proclamé, dans la nuit de samedi à dimanche, que les sanctions des Nations unies contre l’Iran étaient de nouveau en vigueur. "Aujourd’hui, les États-Unis saluent le retour de quasiment toutes les sanctions de l’Onu contre la République islamique d’Iran auparavant levées", a annoncé le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo. Mais Washington est quasiment seul et contre tous : les autres grandes puissances, la Russie, la Chine mais aussi les alliés européens des Américains, contestent cette décision basée sur une manœuvre juridique, le snapback.

Les sanctions avaient été levées en vertu de l’accord international conclu en 2015, lorsque Téhéran s’est engagé à ne pas se doter de l’arme nucléaire. Le président Trump en avait retiré son pays avec fracas en 2018. Les États-Unis invoquent aujourd’hui leur statut de pays "partic i pant" à cet accord dans le seul but d’activer le snapback, qui permet de rétablir toutes les sanctions onusiennes contre l’Iran. Ce que contestent donc la quasi-totalité des autres pays membres du Conseil de sécurité. Le ministère russe des Affaires étrangères a ainsi dénoncé, dimanche, une initiative américaine "illégiti me" ne pouvant avoir "de conséquences légales internation ales" . Les chefs de la diplomatie française, allemande et britannique ont affirmé dans une déclaration commune que cette décision américaine était "sans effet en droit".

Des sanctions secondaires

Le geste de défi des Américains au reste du monde risque d’accroître les tensions internationales, surtout que le gouvernement de Donald Trump menace clairement de mettre en place un système de sanctions dites secondaires pour punir tout pays ou entité qui violerait ces sanctions.

"Si des États membres de l’Onu ne remplissent pas leurs obligations pour appliquer ces sanctions, les États-Unis sont prêts à utiliser leurs propres outils pour punir ces défaillances", a prévenu M. Pompeo. Il a promis que des "mesures" américaines seraient annoncées contre "ceux qui violent les sanctions de l’Onu"