Une jeune américaine a décidé d'arrêter ses études pour faire de TikTok son métier. Un fait qui met en évidence une réelle question de société: le réseau social serait-il néfaste pour les jeunes ?

A tout juste 13 ans, Brianna Buchanan, est une véritable star sur TikTok. Elle est suivie par près de deux millions de personnes et réalise une quinzaine de clips par jour. Ultra maquillée, elle prend des poses qui font presque oublier son jeune âge. Ce dimanche, elle était le sujet d'un reportage diffusé sur M6. Dans ce dernier, elle explique son quotidien. "Le maquillage me prend une heure tous les jours", avoue-t-elle. La jeune fille pourrait gagner plusieurs milliers de dollars chaque mois rien qu'avec ses photos. C'est donc dans cet état d'esprit qu'elle a décidé d'arrêter l'école pour se concentrer sur sa nouvelle "profession". Une décision qui a été prise en accord avec sa mère. Cette dernière est même devenue sa manager et ne considère pas que sa fille soit privée de son enfance. "Je ne dirais pas qu'elle n'a pas d'enfance, je dirais qu'elle a une enfance différente. Elle fait des choses que tout le monde rêve de faire dans sa vie", confie-t-elle. Et quand on lui demande si elle juge le réseau social comme étant dangereux, elle réplique: "Tout peut arriver : tu peux être kidnappée dans la rue, tu peux être enlevée... Je ne vais pas briser son rêve à cause de quelques personnes bizarres et folles".

TikTok fait de plus en plus parler de lui. Il est devenu le réseau social par excellence des jeunes. Ils sont des milliers à se lancer dans cette folle aventure, à la recherche de buzz et de likes en postant des courtes vidéos, artistiques ou humoristiques. TikTok a ainsi pris des allures de repère idéal pour les prédateurs sexuels. Durant le confinement, le nombre de vidéos postées sur TikTok a connu un véritable boum. Cette augmentation va malheureusement de pair avec les effets pervers de l'application. "Certains prédateurs se sont glissés dans ces plateformes pour créer la confiance avec des jeunes hommes ou des jeunes filles qui accepteront alors de dévoiler davantage leur intimité", a confié le commissaire Olivier Bogaert à nos confrères de la RTBF. Pour installer un climat de confiance, ils usent de toutes sortes de stratagèmes. "Je t’ai déjà vu dans la cour de récréation (…) C’est génial ce que tu postes sur Tik Tok ", sont des exemples des phrases d'approche repérées par le commissaire.

Rester sur ses gardes

Le mois dernier des milliers de "TikTokeurs" avaient témoigné du harcèlement dont ils étaient victimes sur l'application avec le hashtag #BalanceTonTikTokeur. Ainsi, des personnes mal intentionnées qui avaient réussi à obtenir des photos intimes, faisaient chanter leur propriétaire, menaçant de les rendre publiques. Et malheureusement, comme sur beaucoup d'autres réseaux sociaux, il est difficile de réguler les échanges entre les utilisateurs. Le réseau social est également montré du doigt pour une autre raison ces derniers jours. Il est accusé de servir les intérêts de la Chine et d’être un fort allié de Xi Jinping. TikTok vient d'ailleurs d'être suspendu à Hong Kong à cause de la récente loi sur la sécurité imposée par le régime chinois.

Au vu de ces éléments, si TikTok a avant tout pour but de générer des interactions sociales, il possède également son lot de potentielles dérives. Plus que jamais, prendre des précautions et renforcer le contrôle parental semble nécessaire.