Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 détectés dans le plus grand pays d’Amérique latine augmente en flèche, et les morts suivent. Beaucoup de Brésiliens paniquent, les experts sont alarmistes, et le président Jair Bolsonaro, pour qui la pandémie n’est qu’une "petite grippe", ne bouge pas d’un cil.

À chaque fois, le pire semble atteint. À chaque fois, le temps et les chiffres démentent cet espoir. Une sorte de remake de la comédie fantastique Un jour sans fin.

Le 3 mars dernier, 1 910 Brésiliens sont décédés du Covid-19 en une journée, "un record absolu depuis l’apparition du virus". Un mois plus tard, le dernier record en date est de 4 195 morts en 24 heures, établi ce mardi, et chaque jour, en moyenne, près de 2 800 personnes décèdent des suites de la pandémie au Brésil. Au total, depuis l’arrivée du virus il y a un peu plus d’un an, plus de 340 000 Brésiliens en sont morts.

"Il faut trouver des alternatives, nous n’allons pas accepter une politique qui revient à dire qu’il faut rester chez soi, tout fermer, imposer le confinement", a une fois encore expliqué le chef de l’État, qui n’a cessé de remettre en cause les mesures de restriction, au nom de la préservation de l’emploi. Mais l’institut de référence en santé publique Fiocruz a averti dans un rapport publié mardi soir que le confinement était "absolument nécessaire" pour faire face à la saturation des hôpitaux, qui se trouvent dans une situation "critique" dans 24 des 27 États du pays. "C’est un remède amer, mais il est absolument nécessaire pour éviter davantage de morts", a expliqué cet institut public qui poursuit : "La circulation du virus demeure intense dans tout le pays et la situation pourrait rester critique tout au long du mois d’avril."

Le Brésil est le deuxième pays au monde où le Covid-19 a fait le plus de morts, après les États-Unis, avec 336 947 décès depuis le début de la pandémie et déjà plus de 15 000 morts sur les six premiers jours du mois d’avril. En mars, le Brésil a connu une hécatombe, avec plus de 66 000 vies fauchées par le virus. Il y a un an, la Cour suprême avait donné aux États et aux municipalités l’autonomie pour imposer leurs propres mesures de restriction. Mais dans la pratique, sauf quelques rares exceptions, seules certaines activités considérées comme non essentielles ont été fermées, sans confinement total.