"Bill partira juste avant Noël pour passer les fêtes avec sa famille, le ministre de la Justice adjoint Jeff Rosen, une personne incroyable, assurera l'intérim", a tweeté Donald Trump, sans réitérer ses accusations. Le ministre partira ainsi un mois avant l'entrée en fonctions du président élu démocrate prévue le 20 janvier.

L'annonce de son départ coïncide avec la confirmation de la victoire de Joe Biden par les grands électeurs américains, qui la rend quasiment définitive.

Donald Trump s'obstine à dénoncer des fraudes massives et refuse de reconnaître sa défaite. Mais son camp n'a jamais réussi à apporter la moindre preuve pour étayer ces accusations et les dizaines de recours en justice qu'il a présentés ont été quasiment tous rejetés, y compris par la Cour suprême.

Le président républicain a plusieurs fois déploré l'inaction sur ce terrain de Bill Barr, pourtant l'un de ses plus fidèles ministres.

Or ce dernier a isolé un peu plus Donald Trump en affirmant, début décembre, n'avoir constaté aucune "fraude à une échelle susceptible de changer le résultat de l'élection".

Ces derniers jours, l'ex-magnat de l'immobilier a aussi qualifié de "grande déception" le fait que le ministre de la Justice n'ait pas révélé avant l'élection présidentielle de novembre l'existence d'une enquête sur la situation fiscale du fils de Joe Biden, Hunter.

Donald Trump a affirmé avoir eu lundi "une très belle rencontre" avec Bill Barr à la Maison Blanche. "Notre relation est excellente, il a fait un travail magnifique", a-t-il assuré.

Dans sa lettre de démission, tweetée par le président, le ministre démissionnaire fait l'éloge du bilan de ce dernier et de ses "succès sans précédent" dans tous les domaines.

Il souligne avoir tenu au courant Donald Trump de l'enquête du ministère de la Justice sur "les allégations de fraude lors de l'élection". "A un moment de profondes divisions dans le pays, tous les échelons de l'Etat" doivent "tout faire pour assurer l'intégrité des élections et promouvoir la confiance des électeurs dans leur résultat", s'est-il borné à dire.

"Barr a démissionné de son plein gré. Il n'a pas été poussé ou forcé à démissionner", a assuré un haut responsable américain, évoquant un entretien "amical" avec le président.