Le président américain Donald Trump a annoncé mardi, d'un tweet, le limogeage de son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, avec lequel il était en désaccord sur nombre de sujets brûlants, de l'Iran à la Corée du Nord en passant par l'Afghanistan.

Ce limogeage spectaculaire intervient dans un climat particulièrement tendu entre les Etats-Unis et l'Iran, dossier sur lequel Donald Trump a envoyé des signaux contradictoires ces dernières semaines, entre extrême fermeté et volonté de négocier, voire même de rencontrer son homologue iranien Hassan Rohani.

"J'ai informé John Bolton hier soir que nous n'avions plus besoin de ses services à la Maison Blanche", a tweeté M. Trump, en évoquant l'avocat à la célèbre moustache et à la réputation de va-t-en-guerre.

"J'étais en désaccord avec nombre de ses suggestions, comme d'autres au sein de cette administration", a ajouté le président. "J'ai demandé à John sa démission, elle m'a été remise ce matin", a-t-il poursuivi, assurant qu'il nommerait son successeur la semaine prochaine.

D'un tweet laconique, M. Bolton a présenté une version différente des 24 dernières heures, indiquant qu'il avait proposé au président de lui présenter sa démission lundi soir et que ce dernier lui avait répondu: "Parlons-en demain".

Cette annonce est tombée moins de deux heures avant un point de presse, qui avait été annoncé par la Maison Blanche et auquel devait participer M. Bolton en compagnie du secrétaire d'Etat Mike Pompeo.

Elle intervient également moins de 48 heures après l'annulation d'une rencontre secrète prévue à Camp David entre le président américain et les talibans avec lesquels Washington négociait depuis plusieurs mois un accord de paix sur l'Afghanistan.

"Nouvelles opportunités diplomatiques" ?

Ancien ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, M. Bolton était notoirement hostile à la main tendue de Donald Trump au dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, et il avait été directement pris pour cible, au printemps 2018, par le régime de Pyongyang.

"Nous avons déjà, par le passé, évoqué la personnalité de Bolton et nous ne cachons pas le dégoût qu'il nous inspire", avait lancé le ministère des Affaires étrangères.

Au début des années 2000, déjà, son extrême fermeté sur ce dossier lui avait valu d'être traité de "déchet humain" dans la presse nord-coréenne.

Peu avant son arrivée à la Maison Blanche, il avait estimé qu'il était "parfaitement légitime pour les Etats-Unis" de répondre à la menace représentée par une Corée du Nord nucléaire "en frappant les premiers".

Le sénateur républicain Rand Paul a salué avec force l'annonce du limogeage de M. Bolton. "Le président a d'excellentes intuitions sur la politique étrangère et sur la nécessité de mettre fin à nos guerres sans fin", a-t-il tweeté. "Il devrait être conseillé par ceux qui partagent sa vision".

"Depuis le début, deux voix murmuraient à l'oreille de Donald Trump: celle recommandant la diplomatie et mettant en garde contre le conflit, et celle poussant à la belligérance et mettant en garde contre le risque d'apparaître faible", résume Robert Malley, président de l'International Crisis Group,

"Avec le départ de Bolton, la deuxième a incontestablement perdu son principal avocat. Cela pourrait créer de nouvelles opportunités diplomatiques sur l'Iran, l'Afghanistan, la Corée du Nord et le Vénézuela. Espérons que (le président) les saisira", a-t-il ajouté.