"Pas de pression, rien du tout": Donald Trump a contesté mercredi toute irrégularité après la publication du contenu d'un échange dans lequel il demande à son homologue ukrainien d'enquêter sur son rival Joe Biden.

Cet échange, "accablant" pour les démocrates, met en difficulté le 45e président américain, désormais menacé par une procédure de destitution explosive.

Visiblement fatigué, presque abattu, il a tenté de poser en président actif sur tous les fronts diplomatiques, pendant que ses adversaires démocrates, animés par un désir de revanche, s'acharnaient selon lui dans des "chasses aux sorcières" sans fin.

"Une destitution pour ça ? C'est une blague!", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse dans un hôtel new-yorkais, proche dus siège des Nations unies.

"Les démocrates ont fait ça durant le semaine des Nations unies, c'était tout planifié...", a-t-il avancé.

La transcription de cet échange, sur la base de notes, jette une lumière crue sur la relation asymétrique entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, un novice en politique élu en avril à la tête d'un pays très dépendant de l'aide américaine.

Procédure rare et explosive

A quelques 400 jours du scrutin, les démocrates ont lancé mardi la première étape de la mise en accusation solennelle du président, une procédure rare et explosive qui a peu de chances d'aboutir à sa destitution, mais jette une ombre sur sa campagne de réélection.

Ils le soupçonnent d'avoir gelé une aide de près de 400 millions de dollars destinée à Kiev pour forcer le président ukrainien à l'aider. Dans l'échange entre les deux hommes, M. Trump ne mentionne pas cette aide.

Mercredi, les élus démocrates de la Chambre des représentants tentaient d'organiser l'audition d'un lanceur d'alerte, membre des services de renseignement, à l'origine du scandale. Ils doivent également entendre jeudi le directeur du renseignement national, Joseph Maguire, qui avait refusé de leur transmettre le signalement rédigé par cet agent.

Leur but ? Réunir le maximum d'informations pour étayer leur dossier de mise en accusation ("impeachment") avant de passer au vote. Compte-tenu de la majorité démocrate à la Chambre, Donald Trump risque bien d'être mis en accusation, ce qui n'est arrivé qu'à deux de ses prédécesseurs.

Le Sénat, où les républicains sont majoritaires, devra ensuite instruire le "procès" du président et rendre son verdict à une majorité des deux-tiers.

Pour que le milliardaire new-yorkais soit destitué, les démocrates devraient convaincre 20 sénateurs républicains, ce qui paraît hautement improbable à ce stade.