"C’est un jour historique. […] Les Équatoriens ont décidé de leur avenir, ont exprimé par leur vote la nécessité de changement", a-t-il clamé après l’annonce des résultats. Après deux essais infructueux, Guillermo Lasso, 65 ans, s’est imposé à l’élection présidentielle, face au jeune économiste socialiste Andrés Arauz, dauphin de l’ex-président Rafael Correa.

L’ancien banquier a grandi dans une famille de onze enfants dans le sud-ouest du pays. Il n’a jamais terminé ses études supérieures en économie.

À 34 ans, il est pourtant nommé vice-président de la quatrième banque privée du pays, la Banque de Guayaquil, et ensuite président, jusqu’en 2012 - il en est toujours actionnaire.

En 1998, il plonge dans la politique. Gouverneur de Guayas, sa province natale, il devient, en 1999, secrétaire d’État à l’Économie du président Jamil Mahuad. Une fonction qu’il n’occupe que deux mois. À cette époque, le pays plonge dans une grave crise financière, entraînant un gel des dépôts bancaires et le remplacement de la monnaie nationale par le dollar.

En 2012, il fonde son parti Créer des opportunités (Creo). Et pour le scrutin de 2021, Creo s’associe avec le Parti social-chrétien.

Guillermo Lasso se qualifie enfin pour le second tour des présidentielles en février dernier, avec 19,74 % des voix. Et le dimanche 11 avril 2021, il est élu président de l’Équateur. Andrés Arauz reconnaît rapidement sa défaite et promet une opposition constructive : "Nous devons établir des ponts, construire des consensus."

Fidèle à l’Opus Dei, Guillermo Lasso intègre un conservatisme chrétien dans sa ligne politique. Anti-corréiste dans l’âme, l’homme d’affaires compte bien se démarquer de son ancien rival socialiste, en appliquant une politique libre-échangiste. Avec une production pétrolière plus importante et moins taxée, il compte favoriser les investissements étrangers. Au niveau domestique, il promet un bond dans la création d’emplois.

Guillermo Lasso prendra ses fonctions le 24 mai prochain. Il se retrouve à la tête d’un pays politiquement fragmenté, dont la dette publique atteint presque 54 milliards d’euros. Une vulnérabilité économique et financière qui s’est aggravée avec la pandémie de Covid-19.