Le texte devrait être adopté malgré l'opposition du gouvernement, plusieurs sénateurs de la coalition gouvernementale ayant annoncé leur soutien. Il retournera ensuite devant les députés pour un vote définitif, probablement jeudi.

Le régime de retraites chilien, datant de la période de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990), s'appuie sur un système de capitalisation totalement individualisée pour les salariés : il oblige les travailleurs à verser 10% de leur salaires sur un compte individuel géré par des Administrateurs de fonds de pensions (AFPs), des organismes financiers privés chargés de les faire fructifier.

La réforme de ce régime est au coeur des revendications du mouvement de contestation sociale qui a débuté en octobre au Chili, car il a plongé de nombreux chiliens dans la pauvreté, les condamnant à des retraites inférieures au salaire minimum (301.000 pesos, 375 euros) alors qu'en théorie, il leur promettait de toucher 70% de leur dernier salaire. De précédentes tentatives de réformes s'étaient heurtées à l'opposition de la droite et du patronat.

Le texte voté prévoit le retrait de jusqu'à 10% des fonds de pensions, considérés comme la pierre angulaire du "modèle chilien". Ce régime de retraite étant très impopulaire dans ce pays, plus de 8 Chiliens sur 10 sont favorables à cette mesure, selon un sondage récent.

Le vote des députés, la semaine dernière, avait été salué par un concert de klaxons et de casseroles à travers le pays, les Chiliens y voyant une planche de salut.

Le projet de loi prévoit le retrait d'un maximum de quelque 5.400 dollars et les députés d'opposition qui en sont à l'origine jugent cette mesure essentielle pour venir en aide à la classe moyenne qui n'a bénéficié jusque là d'aucune aide.

De son côté, le gouvernement de Sebastian Piñera (droite) a rejeté le projet de loi qui aura, selon lui, des conséquences sur le système de retraites déjà affaibli.

Il a tenté de freiner l'adoption du texte en présentant en parallèle un plan destiné à la classe moyenne qui prévoit des aides de quelque 630 dollars et un crédit à taux réduit de 1.900 dollars.

Cependant, plusieurs parlementaires de la coalition au pouvoir soutiennent l'initiative, estimant que la classe moyenne, un vivier important de l'électorat conservateur, est oubliée par le gouvernement.