Cette étude en conditions réelles, réalisée par l'Université du Chili, a pris en compte l'effet global de la vaccination dans ce pays où deux vaccins sont administrés depuis le 24 décembre: le vaccin Coronavac du laboratoire chinois Sinovac qui représente l'écrasante majorité (93%) des doses administrées, et le vaccin germano-américain Pfizer-BioNTech.

A ce jour, le Chili, qui compte 19 millions d'habitants, a administré au moins une dose de vaccin à 7,07 millions de personnes et deux doses à 4,04 millions, soit plus de 26% de la population visée par la campagne - 15,2 millions d'habitants.

L'étude chilienne tire trois conclusions sur l'efficacité de cette immunisation: elle est de 56,5% deux semaines après que les personnes ont reçu les deux doses; de 27,7% pour celles qui ont reçu les deux doses depuis moins de deux semaines; et d'à peine 3% (équivalent à la marge d'erreur) pour celles qui n'ont reçu qu'une seule dose.

"Se vacciner diminue très significativement la possibilité d'une contamination. Cela ne l'élimine pas, mais cela la diminue grandement", a déclaré le recteur de l'Université du Chili, Ennio Vivaldi, lors de la conférence de presse de présentation des résultats de cette première étude en conditions réelles.

Autre enseignement, selon M. Vivaldi, "la première dose de vaccin n'a pas d'effet significatif après quatre semaines". Six semaines après l'administration d'une dose, "on se trouve dans la même situation de vulnérabilité à l'infection qu'une personne qui n'a pas été vaccinée", souligne-t-il.

Concernant les nouvelles infections chez les personnes de plus de 70 ans, dont la plupart sont déjà vaccinées au Chili: selon l'étude, parmi les personnes âgées de 75 à 79 ans, il y aurait eu 80% d'infections en plus si le vaccin n'avait pas été administré. Ce pourcentage tombe à 60% pour les personnes âgées de 70 à 74 ans.

Selon les auteurs, l'efficacité du vaccin Coronavac est de 54%, en ligne avec les essais à grande échelle menés au Brésil qui ont montré un taux d'efficacité globale d'environ 50%.

Pour Pfizer-BioNTech, les chercheurs se sont basés sur les données fournies par Israël où une étude en conditions réelles portant sur 1,2 million de personnes a montré une efficacité de 94%.