Sa mort, "bien que tragique, était justifiée", a déclaré le procureur du comté de Pasquotank Andrew Womble lors d'une conférence de presse, en présentant pour la première fois la version des autorités sur ce drame.

Selon lui, sept agents munis de mandats d'arrêt et de perquisition liés à une enquête pour trafic de stupéfiants s'étaient présentés au domicile du quadragénaire, à Elizabeth City, le matin du 21 avril, et l'avaient trouvé dans son véhicule garé à l'extérieur. Encadrant la voiture, ils lui avaient intimé, sous la menace de leurs armes, de sortir.

Le père de famille de 42 ans avait alors tenté de fuir. "Sa décision a transformé ce qui était une démonstration de force en un usage de la force", a estimé M. Womble. "Il a manoeuvré directement son véhicule vers un agent", a ajouté le procureur, en estimant "raisonnable" la décision d'ouvrir le feu pour contrer "ce danger apparent".

Il a précisé qu'en 44 secondes, les policiers avaient tiré 14 balles, d'abord de face, puis à l'arrière du véhicule, une fois que M. Brown avait fait un demi-tour. Selon le rapport d'autopsie, deux balles ont touché Andrew Brown Jr, dont une mortelle est entrée dans sa nuque, a-t-il confirmé.

"Ils lui ont tiré dessus alors qu'il avait les mains sur le volant", avait dénoncé un avocat de la famille, Harry Daniels, en reprochant aux agents de s'être conduits comme des "juges, jurés et bourreaux" dans ce dossier.

Le drame, survenu le lendemain du verdict dans le procès du meurtre de George Floyd, avait été suivi de manifestations dans la petite ville et au-delà, d'autant que la justice avait refusé d'autoriser la diffusion des images des caméras-piétons des agents, alimentant les spéculations.