Amina Lawal, condamnée à mort par lapidation en première instance pour adultère, a été acquittée jeudi par la Cour d’appel islamique de Katsina, dans le nord du Nigeria. La Cour, qui examinait le deuxième appel d’Amina Lawal, a estimé que la première Cour d’appel de Funtua, qui avait confirmé la condamnation avait eu tort de ne pas l’autoriser à rétracter ses aveux faits au cours du procès de première instance en mars dernier, a indiqué le juge.

Le verdict n’a pas recueilli l’unanimité des cinq juges. Amina Lawal, 31 ans, avait été condamnée à mort par lapidation, aux termes de la Charia, réintroduite depuis 2000 dans douze Etats du nord du Nigeria à majorité musulmane, après avoir donné naissance à une petite fille alors qu’elle était divorcée.

La lapidation: un châtiment rare dans le monde musulman

La peine de mort par lapidation à laquelle a échappé jeudi Amina Lawal est un châtiment très rarement appliqué dans les pays musulmans où la charia est en vigueur.

Dans les Etats du golfe, la charia permet théoriquement de punir l’adultère de lapidation, mais cette peine est rarement appliquée, du moins en public. Aux Emirats Arabes Unis, la dernière personne a avoir été condamnée à la peine de mort par lapidation pour adultère est une domestique indonésienne, mais sa peine a été commuée à un an de prison le 25 avril 2000.

Jamais aucune condamnation à mort par lapidation n’a encore été executée au Pakistan où la charia, connue sous le nom de lois Hudood, prévoit pourtant ce châtiment pour les personnes coupables d’adultère. Les organisations de défense des droits des femmes mènent campagne contre ces lois, promulguées sous le régime dictatorial du général Zia ul-Haq en 1979, qu’elles estiment hautement discriminatoires.

En Afghanistan, sous le régime des talibans, au moins une femme a été lapidée à mort en 2001 pour «crime sexuel», selon Amnesty International. En février et mars 1998, cinq hommes convaincus de sodomie furent condamnés à mourir écrasés par un mur. Des dizaines d’autres personnes ont été soumises à des «châtiments, cruels, inhumains ou dégradants», comme l’amputation ou la lapidation, la plupart du temps pour «crimes sexuels», toujours d’après Amnesty International. Depuis la chute des talibans, l’adultère est toujours punissable d’emprisonnement mais la lapidation n’est plus en vigueur.

En Iran, aucun cas de lapidation n’a été rapporté officiellement depuis un an au moins. Selon le dernier rapport annuel d’Amnesty International publié en mai, «deux personnes, peut-être plus, auraient été lapidées» au cours des mois précédents. Selon des diplomates européens, deux cas ont été confirmés en 2001. La lapidation semble cependant avoir été au moins suspendue, depuis fin 2002, sous la pression des occidentaux et notamment des Européens qui ont engagé en décembre dernier un dialogue avec l’Iran en vue d’un accord politique et commercial. Ils ont fait des droits de l’Homme l’un des chapitres de la discussion et la lapidation avait valeur de symbole.