Ana Pastor, 58 ans, médecin, est la deuxième femme élue présidente du Congrès des députés, la chambre basse du Parlement espagnol. Elle a obtenu le soutien de sa formation, le Parti populaire (PP, droite), et celui des centristes (Ciudadanos, C’s). Pour battre Patxi López (socialiste), cette proche du Premier ministre sortant, Mariano Rajoy, a aussi pu compter sur l’abstention des députés nationalistes basques et catalans.

Pour la gauche, il est clair que Mariano Rajoy a conclu un marché avec les indépendantistes, en donnant son accord sur un groupe parlementaire exclusif pour les nationalistes. C’est une volte-face de la part de Rajoy, normalement réticent à céder devant les nationalistes catalans. Ana Pastor pourrait aussi avoir contribué au changement d’avis de son mentor. Elle est considérée comme une personne encline au dialogue.

Elle n’était élue que depuis quelques instants quand une voix s’est élevée dans la chambre : "Démissionnez !" Le fils d’une victime d’un accident de train rappelait ainsi que Mme Pastor était ministre des Transports en juillet 2013, quand le déraillement d’un TGV avait provoqué la mort de 79 personnes. Il y a deux semaines, un rapport de l’Agence ferroviaire européenne soulignait que l’ancienne ministre avait menti aux familles des victimes sur les défaillances de sécurité de la ligne de chemin de fer.