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Le sultan Soliman le Magnifique lui-même n’aurait pas rêvé plus grand et le poète Gül Baba doit se retourner de plaisir dans son tombeau sur la colline aux Roses de Buda ! Car si le projet est mené à bien, la mosquée appelée à voir le jour dans la capitale hongroise sera grandiose : quatre minarets, des annexes, des patios, des jardins ornés de fontaines… Un édifice plus immense même que ceux édifiés par l’Empire ottoman lors de l’occupation du pays aux XVIe et XVIIe siècles.

De prime abord, la nouvelle peut surprendre, car l’islam est marginal en Hongrie : six mille personnes se sont déclarées de religion musulmane au recensement de 2011 (ils seraient en réalité quelques dizaines de milliers). Qui plus est, le Premier ministre hongrois n’en finit pas de tonner contre l’arrivée massive de migrants issus de pays musulmans, qu’il désigne comme une invasion de grande ampleur menaçant l’Europe chrétienne.

Mais malgré ces gesticulations, les relations sont excellentes entre les nationalistes-conservateurs au pouvoir à Budapest et Ankara. "Orban et Erdogan s’apprécient, le Fidesz (hongrois) et l’AKP (turc) sont deux partis avec des vues très similaires, explique Emel Akcali, chercheuse turque en sciences politiques à l’Université d’Europe centrale. Ils bâtissent leur pouvoir sur le nationalisme, sur la personnalité d’un leader proche du peuple et sur un discours d’indépendance par rapport à l’Ouest."

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