Arun Gandhi (80 ans), l’un des petits fils du Mahatma Gandhi, est actuellement à Bruxelles. Il explique à “La Libre” comment son grand-père lui a appris les techniques de la “non-violence”. “Quand j’étais petit, mon grand- père m’obligeait à dessiner un arbre tous les soirs. Je devais y inscrire tous mes actes de violence physiques de la journée d’un côté et de l’autre ceux de la violence passive, celle qui blesse intérieurement les autres et qui est plus difficile à détecter. Pour chaque action, je devais aussi écrire si je pensais avoir blessé quelqu’un et comment.Après un mois, le mur de ma chambre était déjà rempli !”.

L’homme qui habite désormais dans les environs de New York a repris le flambeau activiste et philosophique de son grand-père. "La violence n’est pas naturelle, mais nous avons créé cette culture de la violence. C’est plus facile pour nous de contrôler les gens, de les dominer dans tous les aspects de notre vie. On est tout le temps en train de diviser, de discriminer, d’opprimer les autres. C’est cela la violence passive et elle blesse beaucoup de nos proches” , explique-t-il d'une vois posée.

D’après Arun Gandhi, nous sommes "tous remplis de violence", mais nous pouvons nous en débarrasser. “La première chose à faire, c’est de détecter cette violence, souvent passive, ensuite, via des techniques d’introspection, on peut changer, s’en libérer.”

L’homme, qui a la double nationalité, Indienne et Américaine, avoue avoir ressenti le poids de l’héritage familial. "Lorsque mon grand-père est décédé, j’avais 14 ans et durant mon adolescence, cet héritage m’a oppressé : je ne savais pas quoi en faire. Un jour ma mère m’a dit : “Si tu considères cet héritage comme une charge, elle va devenir de plus en plus lourde avec le temps. Mais si tu le considères comme une lumière qui te guide, ce sera très facile pour toi”. Depuis ce jour, j’ai décidé d’assumer mon rôle”.

Arun Gandhi se dit “sidéré” par l’attitude des jeunes Européens qui partent combattre en Syrie“Ils ont perdu l’espoir et aller tuer les autres là-bas ne va évidemment rien leur apporter. En fait, ils gèrent très mal leur colère. La colère, c’est comme le courant électrique : si on le dirige bien et on l’utilise, il est très utile. Mais si on en abuse et le met dans la mauvaise direction, il est mortel. Le problème c’est qu’aujourd’hui, on n’enseigne pas ce qu’est la colère et on permet à chacun de l’utiliser comme il veut et d’en abuser. Ce n’est qu’en prenant conscience de cette violence que nous avons en nous que nous pouvons changer", conclut-il.