Pour Pompeo, Soleimani préparait une "action d'envergure" menaçant des "centaines de vies américaines"

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a affirmé vendredi que les Etats-Unis souhaitaient la "désescalade" après la mort du général iranien Qassem Soleimani, tué dans un raid américain.

AFP/Belga
Pour Pompeo, Soleimani préparait une "action d'envergure" menaçant des "centaines de vies américaines"
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Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a affirmé vendredi que le général iranien Qassem Soleimani, tué dans un raid américain à Bagdad, préparait une "action d'envergure" menaçant des "centaines de vies américaines".

"Il s'affairait activement à mener des actions dans la région --une action d'envergure, comme il disait-- qui auraient mis en danger des dizaines, voire des centaines, de vies américaines", a déclaré le secrétaire d'Etat sur CNN. "Nous savons que c'était imminent. Nous avons pris notre décision sur la base des évaluations de nos services de renseignement".

Le secrétaire d'Etat a indiqué dans trois tweets distincts s'être entretenu avec ses homologues chinois, britannique et allemand de "la décision de Donald Trump d'éliminer M. Soleimani en réponse à des menaces imminentes pour des vies américaines". Il a rappelé à chaque fois que les Etats-Unis souhaitaient une "désescalade".

Mike Pompeo s'est dit "reconnaissant", après avoir échangé avec le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab, que les alliés des Etats-Unis "reconnaissent les menaces agressives et permanentes posées par la force iranienne al-Qods" des Gardiens de la Révolution.

"L'Allemagne s'inquiète également des provocations militaires permanentes du régime iranien", a par ailleurs écrit Mike Pompeo après avoir discuté avec le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas.

Le secrétaire d'Etat américain avait publié sur Twitter dans la nuit de jeudi à vendredi une vidéo montrant selon lui des Irakiens "dansant dans la rue" pour célébrer la mort de Qassem Soleimani. L'émissaire de la République islamique en Irak, dirigeant des Gardiens de la Révolution, a été tué tôt vendredi dans un raid américain à Bagdad. Le Pentagone a annoncé que le président américain Donald Trump avait lui-même donné l'ordre de "tuer" M. Soleimani. L'Iran a immédiatement promis de "venger" sa mort.

Les Etats-Unis avaient le "droit" de "se défendre" en menant un raid contre le général iranien Qassem Soleimani, a commenté vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, félicitant le président américain Donald Trump. "Au même titre qu'Israël a le droit de se défendre, les Etats-Unis ont exactement le même droit. Qassem Soleimani est responsable de la mort de citoyens américains et d'autres innocents et planifiait de nouvelles attaques", a affirmé M. Netanyahu dans une déclaration transmise par ses services. Le président Trump a "agi avec rapidité, force et sans hésitation", a-t-il ajouté.

Trump estime que Soleimani aurait dû être tué "il y a des années"

Le président américain Donald Trump a estimé vendredi que le général iranien Qassem Soleimani aurait dû être tué "il y a des années". "Le général Qassem Soleimani a tué ou grièvement blessé des milliers d'Américains sur une longue période et prévoyait d'en tuer beaucoup d'autres (...) Il était directement ou indirectement responsable de la mort de millions de personnes", a tweeté M. Trump.

"Si l'Iran ne sera jamais capable de l'admettre clairement, Soleimani était à la fois détesté et craint dans son pays. Ils ne sont pas aussi tristes que les dirigeants (iraniens, NDLR) essayent de le faire croire au reste du monde. Il aurait du être tué il y a des années!", a-t-il ajouté.

L'opposition iranienne évoque "un coup irréparable porté au régime des mollahs"

Le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) a qualifié vendredi, par la voix de sa présidente Maryam Radjavi, la mort du général Qassem Soleimani de "coup irréparable porté au régime des mollahs (chefs relgieux islamiques, NDLR)". L'opposition iranienne estime qu'il est désormais temps "d'évincer les mollahs de la région". Le CNRI a déclaré dans un communiqué que Qassem Soleimani "était l'un des criminels les plus cruels de l'histoire de l'Iran. Il était personnellement impliqué dans le massacre de centaines de milliers de personnes dans la région et le déplacement de millions de personnes". Suite à sa mort, "le processus du renversement des mollahs va être grandement accéléré", estime encore le CNRI.

L'opposition ajoute qu'avec la mort d'Abu Mehdi Mohandesse, chef du Bassidj (force paramilitaire iranienne, NDLR) en Irak, dans l'attaque américaine, "le temps est venu pour la victoire du soulèvement du peuple irakien et de se libérer de l'occupation du régime iranien".

Maryam Radjavi aspire désormais à voir "les forces armées du régime à s'abstenir de tirer sur le peuple iranien, à déposer les armes et à se rendre".

Le CNRI invite également la communauté internationale, spécialement l'Union européenne, à mettre fin à sa "politique de complaisance, et reconnaître le droit du peuple iranien à résister et à se soulever pour la liberté afin de remplacer le pouvoir des mollahs par la souveraineté populaire".