L’Onu dénonce les crimes de guerre des milices pro-turques en Syrie

Pillages, viols, nettoyage ethnique, sites archéologiques : le rapport est accablant.

L’Onu dénonce les crimes de guerre des milices pro-turques en Syrie
©Youtube Qasioun News Agency
Plusieurs milices soutenues par l’armée turque en Syrie sont accusées de crimes de guerre, de pillages, de spoliations de biens, de viols, d’enlèvements et de destructions de sites archéologiques dans un rapport détaillé des Nations unies publié le 15 septembre. 
Le rapport rédigé par la Commission d’enquête internationale indépendante sur la République arabe syrienne est basé sur 538 entretiens avec des victimes de la guerre. Il porte sur l’ensemble des violations qui sont commises par les différentes factions en Syrie. 
Mais la Turquie étant alliée de l’Otan, l’intérêt se porte surtout vers les graves accusations contre les milices, arabes et turkmènes, qui sont encadrées par des conseillers militaires turcs. Celles-ci ont été le fer de lance des opérations contre les Forces démocratiques syriennes (FDS), l’alliance arabo-kurde soutenue notamment par les États-Unis.

Le meurtre de la femme politique kurde Hevrin Khalaf en octobre 2019 avait sonné comme un avertissement. Le rapport confirme qu’en prenant le contrôle d’une bande de 100 km de long et de 30 km de profondeur, plusieurs de ces milices (les brigades Suleiman Shah, Sultan Murad, Hamza) ont commis des crimes de guerre.

Violé devant les détenus

À Afrine, des habitants kurdes, ayant moins de trois membres de famille, ont été chassés de leurs maisons pour faire place aux réfugiés syriens revenant de Turquie. À Ras al-Ayn, envahi à l’automne dernier, un institut coranique fondé par une ONG humanitaire turque s’est installé dans une maison kurde. 
Des miliciens ont aussi extorqué des fonds à la population contre la libération de proches. Les accusations les plus graves portent sur l’enlèvement de femmes yézidies ou kurdes dont on est sans nouvelles.  
Un jeune garçon, arrêté en octobre 2019 à Afrine par la police militaire de l’Armée nationale syrienne (la coupole de ces milices) affirme aux enquêteurs avoir été violé par plusieurs d’entre eux, sous le regard obligé d’autres détenus
...

Cet article est réservé aux abonnés

Profitez de notre offre du moment et accédez à tous nos articles en illimité

Sur le même sujet