Un gardien de but birman demande l'asile politique au Japon: "Si je retourne en Birmanie, ma vie serait en danger"

Un gardien de but de l'équipe birmane de football qui avait fait un salut contre le putsch militaire dans son pays lors d'un match au Japon a refusé de prendre l'avion pour rentrer chez lui et va demander l'asile politique au Japon, ont rapporté des médias locaux.

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© AFP

La Birmanie est en proie à des troubles depuis le coup d'État de février qui a renversé le gouvernement élu d'Aung San Suu Kyi, provoquant d'importantes manifestations et des affrontements entre l'armée et des groupes rebelles ethniques.

Le mois dernier, le gardien de but remplaçant Pyae Lyan Aung a fait le salut à trois doigts, symbole de la résistance au putsch, pendant l'hymne national birman avant un match de qualification pour le Mondial-2022 contre le Japon.

Mercredi soir, il a déclaré à un agent de l'immigration à l'aéroport d'Osaka (ouest du Japon) qu'il ne prendrait pas l'avion pour retourner en Birmanie, ont rapporté la chaîne de télévision publique japonaise NHK et l'agence de presse Kyodo.

"Si je retourne en Birmanie, ma vie serait en danger. J'ai décidé de rester au Japon", a déclaré le gardien de but via un interprète, selon la séquence filmée par la NHK.

Les manifestations anti-putsch ont été brutalement réprimées en Birmanie, faisant plus de 800 morts et des milliers de blessés, selon des ONG. Aung San Suu Kyi a été arrêtée et est actuellement jugée.

Le footballeur, dont les coéquipiers sont supposés être retournés en Birmanie mercredi après plusieurs matches au Japon, a déclaré qu'il ne rentrerait pas tant que la dirigeante destituée ne serait pas revenue au pouvoir.

Mais il a admis s'inquiéter des conséquences de sa décision: "Si un quelconque danger arrive à mes coéquipiers ou aux membres de ma famille, je retournerai en Birmanie pour être arrêté".

L'agence d'immigration japonaise n'a pu être jointe immédiatement pour un commentaire.

Le Japon n'accepte qu'une poignée de demandes d'asile chaque année mais en mai, le ministère de la Justice a déclaré que les résidents de Birmanie déjà présents dans le pays pourraient prolonger leur séjour, compte tenu du coup d'Etat et des violences qui ont suivi.

Cette affaire intervient à 36 jours des Jeux olympiques de Tokyo. Elle pourrait soulever des questions quant à la possibilité que d'autres sportifs demandent l'asile pendant les JO, qui se tiendront du 23 juillet au 8 août.

Le Japon entretient des relations de longue date avec la Birmanie mais a gelé toute nouvelle aide après le coup d'Etat.