Vers une catastrophe sanitaire au Bhoutan ? Le pays est engagé dans une course contre la montre

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© AFP

La diplomatie vaccinale, mise en place par l’Inde pour fournir des doses à ses voisins et autres pays en demande, s’est fracassée sur la réalité sanitaire. Le premier ministre Narendra Modi a dû suspendre l’initiative “Vaccine Maitri” qui faisait sa fierté. Parmi les victimes collatérales de la tragédie vécue par les Indiens, le Bhoutan. Le petit royaume himalayen avait réussi le tour de force d’administrer, en un temps record, une première dose de vaccin anti-Covid à 94 % de sa population éligible. Une réussite qui n’aurait pas été possible sans l’aide de New Delhi, qui lui avait fourni les doses nécessaires de Covishield, le vaccin d’AstraZeneca produit par le Serum Institute of India. Mais, aujourd’hui, la “pharmacie du monde”, terrassée par le variant Delta, frappée par la pénurie, n’est plus en mesure de fournir à son voisin, ni à aucun autre pays, les vaccins qu’elle avait promis.

Les douze semaines prévues entre l’administration des deux doses sont écoulées et les cas de ce variant Delta, qui s’infiltre par la longue frontière poreuse entre les deux pays, font craindre une catastrophe au Bhoutan. Thimphu, qui s’est mis en quête d’autres donateurs dans le monde, a notamment demandé l'activation du Mécanisme de protection civile de la Commission européenne. Celle-ci coordonnera les offres des États membres et financera les coûts opérationnels et de transport à hauteur de 75 %. Le Danemark vient tout juste d’annoncer qu’il fournirait 250 000 vaccins. Plus du double sont nécessaires. Le Bhoutan est engagé dans une course contre la montre car, si les secondes doses n’arrivent pas avant la mi-juillet, l’exploit de la première vaccination aura juste été inutile.