Afghanistan: des roquettes endommagent l'aéroport de Kandahar, les talibans près d'Hérat

La piste de l'aéroport de Kandahar a été endommagée dans la nuit par des roquettes et tous les vols sont interrompus avec la grande ville du Sud afghan, une des trois capitales provinciales autour desquelles les talibans resserrent leur étau.

Afghanistan: des roquettes endommagent l'aéroport de Kandahar, les talibans près d'Hérat
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Dimanche, les insurgés se sont ainsi encore rapprochés des limites d'Hérat, au quatrième jour consécutif de combats près de la grande ville de l'Ouest, et ils sont entrés dans Lashkar Gah, capitale de la province du Helmand, voisine de Kandahar, où les combats font rage, selon des correspondants de l'AFP.

Vers 01H00 "la nuit dernière, trois roquettes ont été tirées contre l'aéroport et deux ont endommagé la piste", a déclaré à l'AFP le patron de l'aéroport de Kandahar, Massoud Pashtun, "tous les vols (...) sont suspendus".

Il a précisé que les travaux de réparation de la piste étaient en cours.

L'enceinte aéroportuaire de Kandahar et sa seule piste accueillent une base aérienne militaire, essentielle pour le ravitaillement des forces afghanes qui affrontent depuis plusieurs semaines les talibans dans les faubourgs de la ville de 650.000 habitants, la deuxième plus peuplée du pays.

A Hérat, les miliciens antitalibans d'Ismail Khan, puissant chef de guerre local, vétéran de la guerre contre l'occupation soviétique (1979-1989), tentent d'arrêter la progression des talibans, à environ 7 km à l'ouest de la ville, selon un correspondant de l'AFP.

A une dizaine de km au sud d'Hérat, les insurgés se sont emparés d'un pont, Pul Malan, et affrontent les forces afghanes près d'un autre pont, Pashtun Pol, situé sur la route reliant Hérat à l'aéroport.

Le ministère afghan de la Défense a annoncé l'arrivée de centaines de soldats des forces spéciales dimanche à Hérat "pour accroître les opérations offensives et anéantir les talibans".

Désastre

Les insurgés se sont ces dernières semaines emparés de plusieurs districts de la province d'Hérat, ainsi que de deux postes-frontières qui y sont situés, celui d'Islam Qala, principal point de passage avec l'Iran, et celui de Torghundi avec le Turkménistan.

La chute de Kandahar - dont les talibans avaient fait l'épicentre de leur régime quand ils gouvernaient l'Afghanistan (1996-2001), imposant leur version ultrarigoriste de la loi islamique - ou celle d'Hérat, troisième ville du pays (600.000 habitants), proche de l'Iran, seraient un désastre pour les autorités afghanes et pour le moral de leurs soldats, déjà sérieusement entamé.

Et elles renforceraient les doutes sur la capacité de l'armée afghane d'empêcher les talibans de s'emparer par la force du pouvoir en Afghanistan.

Ces trois derniers mois, les talibans ont pris le contrôle de vastes territoires ruraux, au cours d'une offensive tous azimuts lancée à la faveur du retrait définitif des forces internationales du pays, désormais quasiment achevé.

Les forces afghanes n'ont jusqu'ici opposé qu'une faible résistance et ne contrôlent plus pour l'essentiel que les principaux grands axes et les capitales provinciales, dont certaines sont encerclées.

Repoussés une première fois samedi de Lashkar Gah par les forces afghanes, les insurgés sont revenus en force dimanche et sont à nouveau parvenus à pénétrer dans la ville de 200.000 habitants, théâtre d'intenses combats.

"Il y a des combats à l'intérieur de la ville et nous avons demandé le déploiement de forces spéciales", a déclaré dimanche à l'AFP Ataullah Afghan, chef du conseil provincial du Helmand.

"Rue par rue"

Talibans et forces afghanes "s'affrontent rue par rue", a déclaré dimanche Badshah Khan, un habitant, ajoutant que les insurgés se sont emparés de plusieurs bâtiments administratifs.

Il a évoqué une "ville morte" aux rues jonchées de cadavres.

"Mes enfants et moi n'avons pas dormi de la nuit. La ville est dans un état déplorable. Je ne sais pas ce qu'il va se passer", a témoigné dimanche à l'AFP Halim Karimi, autre habitant.

Samedi après-midi, l'ONG italienne Emergency avait indiqué que son hôpital de Lashgar Gah était plein après "des combats en ville".

Dimanche, la Mission de l'ONU en Afghanistan (Unama) a "appelé les talibans à enquêter et fournir des réponses au sujet de l'attaque" de ses bureaux à Hérat, visés vendredi par des tirs de lance-roquettes et d'armes à feu.

"Les auteurs de cette attaque qui a tué un garde afghan doivent rendre des comptes", ajoute l'Unama, mettant clairement en cause les insurgés et dénonçant "de nouvelles violences samedi à sa base d'Hérat", située près d'un pont théâtre d'intenses combats ces derniers jours.

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