Pourquoi l'artiste pro-démocratie Kacey Wong a fui Hong Kong

Avec la fuite de cet artiste politiquement engagé, la liberté d’expression accuse un nouveau recul à Hong Kong.

Pourquoi l'artiste pro-démocratie Kacey Wong a fui Hong Kong
©AFP
P.M. (st.) (avec AFP)

Connu pour ses œuvres militantes, l'artiste pro-démocratie Kacey Wong, âgé de 51 ans, a annoncé le mardi 3 août avoir fui Hong Kong pour Taiwan. Cette décision, mise en scène par une vidéo postée sur sa page Facebook dans laquelle il interprète We'll Meet Again (Nous nous reverrons) de Vera Lynn, est accompagnée de cette phrase "Partir n'est pas facile, rester est aussi difficile".

Ce départ est un nouveau coup de semonce porté à la réputation de Hong Kong longtemps considérée comme un lieu privilégié de liberté d'expression artistique. L'artiste a, en effet, indiqué que son choix relevait de sa volonté de retrouver une "liberté totale" dans la production de ses œuvres.

Ainsi, dans une interview accordée au site internet Hong Kong Free Press, Kacey Wong a confirmé que son départ était motivé par des raisons politiques. Il évoque, notamment, le recul des libertés depuis l'adoption de la loi sur la sécurité nationale. Cette dernière, imposée par la Chine l'an dernier, vise à étouffer toute dissidence. Certaines dispositions prévoient, entre autres, des peines sévères contre quiconque serait susceptible de commettre un outrage contre La marche volontaire, l'hymne national chinois, ou encore contre le drapeau chinois.

Or, en 2018, dans l'une de ses performances intitulée The Patriot, Kacey Wong interprète justement cet hymne à l'accordéon dans une cage métallique rouge. En juin de cette année, il brave l'interdiction des commémorations publiques, décrétée par les autorités hongkongaises, en distribuant des centaines de bout de bougies provenant de précédentes commémorations de la répression meurtrière de Pékin sur la place Tiananmen.

Les dispositifs établis par la loi sur la sécurité nationale ne sont pas à minimiser : Anthony Wong Yiu-ming, célèbre chanteur de Cantopop, a été arrêté le lundi 2 août et inculpé pour corruption. La raison ? Avoir chanté lors d’un meeting électoral organisé par un candidat pro-démocratie il y a… 3 ans. Il encourt jusqu’à 7 ans de prison.

Pourtant, fin juillet, la cheffe de l’exécutif de Hong Kong a estimé que la liberté d’expression y était intacte.

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