Afghanistan : réunion à l'Otan vendredi après l'annonce d'une évacuation des Américains, Boris Johnson convoque une réunion de crise

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg va présider vendredi à 13H00 GMT une réunion des ambassadeurs des pays de l'Alliance, après la décision des Etats-Unis d'évacuer leurs diplomates et leurs ressortissants d'Afghanistan, ont indiqué à l'AFP deux sources diplomatiques.

Afghanistan : réunion à l'Otan vendredi après l'annonce d'une évacuation des Américains, Boris Johnson convoque une réunion de crise
©AP

"L'évacuation" du pays sera au coeur des discussions, avec les options et adaptations militaires requises pour procéder à ces départs, a précisé l'un de ces responsables.

Washington et Londres ont annoncé jeudi l'envoi de milliers de soldats à Kaboul pour évacuer diplomates ou ressortissants face à l'avancée rapide des talibans vers la capitale afghane.

Les alliés ont été informés jeudi de la décision des Etats-Unis, ont expliqué les diplomates de l'Alliance. Le Royaume-Uni a rapidement emboîté le pas à Washington.

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a abrégé ses vacances et est rentré à Bruxelles pour présider vendredi cette réunion de crise.

"Il s'agit de sécuriser l'aéroport international de Kaboul", a précisé un diplomate. La Turquie a proposé de se charger de cette mission, a-t-il ajouté.

Chaque membre de l'Alliance a planifié l'évacuation de son personnel diplomatique et de ses ressortissants. "Il s'agit de déterminer qui fait quoi, quand, comment et quel soutien est accordé pour cela", a souligné cette source diplomatique.

L'avancée fulgurante des talibans a modifié la donne et précipité les décisions. "Il faut un environnement favorable pour mener à bien ces opérations. Or pour le moment, c'est la plus grande incertitude ", a-t-elle averti.

Les insurgés se sont emparés de Lashkar Gah (sud), capitale de la province du Helmand, quelques heures après avoir fait tomber Kandahar, la deuxième ville du pays, située 150 km à l'est. Ils contrôlent déjà Pul-e-Alam, à 50 km seulement au sud de Kaboul, ce qui les rapproche dangereusement de la capitale afghane.

Les forces des talibans contrôlent désormais près de la moitié des capitales provinciales afghanes, toutes tombées en seulement huit jours.

Boris Johnson convoque une réunion de crise vendredi

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a convoqué vendredi une réunion gouvernementale de crise au sujet de la progression des talibans en Afghanistan, qui fait craindre à Londres un retour d'Al-Qaïda.

Cette réunion doit se tenir dans l'après-midi, a indiqué un porte-parole de Downing Street.

Vendredi matin, le ministre britannique de la Défense Ben Wallace a critiqué la décision américaine de retirer ses troupes d'Afghanistan, suivie par les forces de l'Otan.

"Ce n'était ni le bon moment ni la bonne décision à prendre, car Al-Qaïda reviendra probablement", a déclaré sur la chaîne Sky News Ben Wallace, "inquiet" de ce qui constitue "une menace pour notre sécurité et nos intérêts".

Le ministre britannique a en particulier critiqué l'accord de retrait initial signé à Doha en février 2020 entre l'ex-président américain Donald Trump et les talibans, estimant qu'il s'agissait d'une "erreur, dont nous allons probablement tous payer les conséquences".

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