Conflit en Afghanistan: les Talibans entrent à Kaboul, le président Ashraf Ghani a pris la fuite

La tension est à son comble en Afghanistan.

Conflit en Afghanistan: les Talibans entrent à Kaboul, le président Ashraf Ghani a pris la fuite
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DPA / AFP

Les talibans ont annoncé dimanche être entrés dans de nombreux quartiers de Kaboul, tandis que trois de leurs hauts responsables ont affirmé à l'AFP que les insurgés s'étaient également emparés du palais présidentiel, après la fuite hors d'Afghanistan du chef de l'Etat.

"Des unités militaires de l'Emirat islamique d'Afghanistan sont entrés dans la ville de Kaboul pour y assurer la sécurité", a annoncé sur Twitter un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, ajoutant : "Leur progression se poursuit normalement".

Trois hauts responsables ont par ailleurs dit à l'AFP que les insurgés avaient pris le palais présidentiel.

"Les talibans sont entrés dans le palais présidentiel", a assuré à l'AFP un commandant de haut rang.

"Les moudjahidine sont entrés dans le palais présidentiel et en ont pris le contrôle", a déclaré un deuxième.

Il a ajouté qu'une réunion sur la sécurité dans la capitale afghane s'y déroulait actuellement.

Dans la soirée, l'ancien vice-président Abdullah Abdullah a annoncé que le président afghan Ashraf Ghani avait "quitté" son pays.

Fuite du président

Plus tôt dans l'après-midi, on apprenait que le président afghan Ashraf Ghani avait quitté le pays.

"L'ancien président afghane a quitté la nation", a déclaré l'ancien vice-président Abdullah Abdullah, qui est aussi le chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale, dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.

Une information qui avait été également confirmée par l'agence de presse Reuters.

Ce départ parachève la déroute des dernières semaines, après sept années au pouvoir au cours desquelles il ne sera pas parvenu à rebâtir son pays, contrairement à ses promesses.

Un transfert de pouvoir "pacifique"

Les talibans veulent prendre le contrôle du pouvoir en Afghanistan "dans les jours à venir" par un transfert "pacifique", avait déclaré un de leurs porte-paroles à la BBC dimanche dans la matinée. "Dans les jours à venir, nous voulons un transfert pacifique" du pouvoir, a déclaré Suhail Shaheen, un porte-parole basé au Qatar dans le cadre d'un groupe engagé dans les négociations.