L'ancien chef de la diplomatie allemande estime qu'une "erreur" a été commise en Afghanistan: "Nous en voyons les conséquences aujourd'hui"

L'ancien ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer a jugé lundi que le retrait des troupes de l'Otan d'Afghanistan "sans négociation" préalable avait été "une erreur", laissant le champ libre aux talibans.

L'ancien chef de la diplomatie allemande estime qu'une "erreur" a été commise en Afghanistan: "Nous en voyons les conséquences aujourd'hui"
©AFP/REPORTERS

"Je pense que la décision d'un retrait précipité sans négociation était une erreur", a martelé celui qui était le chef de la diplomatie lors du déploiement des troupes de l'Otan en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

"Après le 11 septembre, ne l'oublions pas, nous avions le devoir de combattre le terrorisme islamiste", a défendu l'ancien responsable des Verts, retiré depuis plus de 15 ans de la vie politique.

"Je n'aurais pas tablé sur une telle décision de se retirer dans la précipitation", a-t-il ajouté lors d'une visite à Francfort-sur-l'Oder (est) avec la tête de liste des Verts pour les législatives du 26 septembre, Annalena Baerbock.

"Nous en voyons les conséquences aujourd'hui", selon l'ex-ministre écologiste.

L'Afghanistan est tombée aux mains des talibans après l'effondrement des forces gouvernementales et la fuite à l'étranger du président Ashraf Ghani, peu après le retrait des soldats de l'Otan.

La victoire spectaculaire des talibans va durablement ternir l'image des Etats-Unis qui ont mené en Afghanistan leur plus longue guerre.

Après près de 20 ans de présence, l'Allemagne avait achevé de retirer tous ses soldats stationnés à la fin juin.

En 2003, le chancelier Gerhard Schröder et son ministre des Affaires étrangères avaient décidé de participer à la mission de l'Otan en envoyant un important contingent de la Bundeswehr dans le nord de l'Afghanistan, où il a été rejoint par d'autres pays de l'Otan, dont la Belgique, et neutres.

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