Afghanistan: la Chine fustige la "terrible pagaille" laissée par les Etats-Unis

La Chine, voisine de l'Afghanistan, a accusé mardi les Etats-Unis de "laisser une terrible pagaille" avec leur retrait, la prise de contrôle des talibans ayant notamment entraîné des scènes de chaos à l'aéroport de Kaboul. Pékin s'est dit disposé à avoir des relations avec le nouveau régime que le mouvement islamiste afghan s'apprête à mettre en place après 20 ans de guerre.

Afghanistan: la Chine fustige la "terrible pagaille" laissée par les Etats-Unis
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Très critiqué aux Etats-Unis comme à l'étranger, le président américain Joe Biden a assuré que la mission de Washington n'avait jamais été de "bâtir une nation" démocratique en Afghanistan, mais "d'empêcher une attaque terroriste sur le sol américain".

"C'est la stricte vérité", a réagi mardi Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, qui a durement critiqué le bilan humain de deux décennies d'intervention américaine.

"En Irak, en Syrie et en Afghanistan, ce qu'on a vu c'est une armée américaine qui laisse en partant des troubles, des divisions, des familles dévastées et décimées", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse régulière.

"Ils ont laissé une terrible pagaille, ont laissé ces endroits dans un état désastreux. La puissance et la fonction des Etats-Unis, c'est de détruire, pas de bâtir", a-t-elle ironisé en référence aux propos de Joe Biden.

Le fulgurant triomphe final des insurgés dimanche a déclenché des scènes de panique monstre à l'aéroport de la capitale afghane, seule porte de sortie du pays, ainsi que l'inquiétude parmi la population de Kaboul.

La Chine partage 76 km de frontière avec l'Afghanistan. L'instabilité chez son voisin afghan constitue pour elle une menace pour la sécurité de sa région frontalière du Xinjiang (Nord-Est).

Ce territoire a longtemps été frappé par des attentats attribués à des séparatistes ou des islamistes de l'ethnie musulmane ouïghoure et Pékin y impose depuis quelques années une surveillance policière draconienne.

Les autorités chinoises craignent notamment que des combattants ouïghours trouvent refuge en Afghanistan voisin -- encore plus sous un régime taliban.

Une délégation talibane avait rencontré fin juillet en Chine le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, en lui promettant que le sol afghan ne serait jamais utilisé comme base pour des attaques anti-chinoises.

La porte-parole Hua Chunying a encore exhorté mardi les talibans à "se démarquer clairement des organisations terroristes internationales" et "à faire en sorte que l'Afghanistan de devienne pas, à nouveau, un lieu de convergence du terrorisme et de l'extrémisme".

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