Qui est Clarissa Ward, cette journaliste qui se balade dans les rues afghanes entre les armes et les chants des talibans?

Clarissa Ward, célèbre reporter, couvre la prise de Kaboul par les talibans pour le média américain CNN.

Qui est Clarissa Ward, cette journaliste qui se balade dans les rues afghanes entre les armes et les chants des talibans?
© Twitter Clarissa Ward

"C'est une scène que je ne pensais honnêtement jamais voir. Les forces armées des talibans juste devant l'ambassade américaine"

, explique sur CNN la reporter Clarissa Ward. Immergée dans les rues de la capitale et plus grande ville afghane, cette journaliste américaine est restée sur place pour raconter la prise de Kaboul en quelques heures par les talibans. Au micro de CNN, ces derniers estiment que

"les Américains ont déjà passé assez de temps en Afghanistan. Ils doivent partir. Ils ont déjà perdu beaucoup de vies et d'argent."

"Ils chantent mort à l'Amérique mais ils ont l'air sympas en même temps, c'est totalement bizarre"

, explique la journaliste à la télévision américaine.

De nombreux citoyens afghans ayant déserté la rue, voire le pays, les allées sont plutôt vides autour d'elle. Mais qui est Clarissa Ward, cette journaliste qui se balade dans les rues afghanes entre les armes, les chants et les sourires des talibans? Ward est correspondante internationale en chef pour la chaîne de télévision d'information en continu CNN. Lauréate de plusieurs Peabody et Murrow Awards (ndlr: récompenses journalistiques), elle est une journaliste de renommée mondiale spécialisée dans les conflits. D'une ligne de front à une autre - en Syrie, en Égypte ou en Afghanistan - elle voyage depuis des années pour raconter la violente complexité de notre monde.

Baroudeuse confirmée, la journaliste parle sept langues et a déjà été basée pour son travail à Bagdad, Beyrouth, Pékin et Moscou. Dans un livre intitulé On All Fronts, la reporter revient sur sa carrière. Elle a commencé à couvrir les guerres internationales, dans la foulée du 11 septembre 2001. Dès le début, elle s'immerge au sein des Marines américains en pleine guerre d'Irak. C'est le début d'une carrière aux quatre coins du globe. Plus tard, en Syrie, Ward couvre un pays dévasté par la terreur et la guerre. C'est lors de ce conflit que ses reportages sont particulièrement remarqués. Retranchée à plusieurs reprises auprès des rebelles syriens, elle raconte. Elle enquête aussi sur les extrémistes occidentaux attirés par I'ISIS et dépeint le règne de Bachar al-Assad.

Après des années sur les lignes de front, la journaliste est devenue maman en 2018. Un évènement qui a complètement bouleversé les perspectives avec lesquelles elle percevait son métier.

Aujourd'hui, avec les autres journalistes américains, elle a quitté son lieu de travail habituel à Kaboul pour un endroit plus discret. Les équipes de CNN sur place sont "exceptionnellement prudentes et elles quitteront le pays si nécessaire. Mais pour tant d'Afghans, ce n'est tout simplement pas une option", dit-elle à l'écran."Ils sont ici, ils doivent rester, ils doivent vivre avec les conséquences de ce prochain chapitre."

La journaliste semble donc pour le moment décidée à rester pour faire son métier, tant que possible. "Ici, les journalistes afghans sont absolument pétrifiés, en particulier les femmes journalistes", expliquait-elle lorsque les talibans grapillaient l'Afghanistan ville par ville. Selon Clarissa Ward, ces "courageux reporters savent qu'ils sont des cibles, parce qu'ils se sont prononcés de manière franche contre les talibans par le passé".

Une polémique et des précisions

Montage photo à l'appui, de nombreux internautes ont souligné le changement vestimentaire de la journaliste entre sa dernière interview avant la prise de Kaboul par les talibans et son reportage de terrain dans les rues de la ville envahie. "Certains y voient les prémisses du régime totalitaire des talibans, d'autres estiment qu'il s'agit d'une tenue de terrain", comme le notait ce lundi l'Agence France Presse.

Clarissa Ward a tenu à apporter des précisions sur ce montage photo."Ce mème est inexact. La photo du haut est à l'intérieur d'un complexe privé. Celle du bas se trouve dans les rues de Kaboul tenues par des talibans. J'ai toujours porté un foulard dans la rue à Kaboul auparavant, mais pas avec les cheveux entièrement couverts et l'abaya. Il y a donc bien une différence mais pas aussi flagrante", note la journaliste.




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