Les évacuations se poursuivent à l'aéroport de Kaboul : arrivée des premiers Afghans évacués par la France

L'évacuation de diplomates, d'autres étrangers et d'Afghans ayant travaillé avec eux se poursuit dans des conditions difficiles à Kaboul, tombée aux mains des talibans.

Les évacuations se poursuivent à l'aéroport de Kaboul : arrivée des premiers Afghans évacués par la France
©AP
AFP

L'évacuation de diplomates, d'autres étrangers et d'Afghans ayant travaillé avec eux se poursuit dans des conditions difficiles à Kaboul, tombée aux mains des talibans.

Un gigantesque pont aérien mobilise depuis dimanche une noria d'avions du monde entier, dans un aéroport pris d'assaut par les candidats à l'exil et dont les abords sont étroitement contrôlés par les talibans.

Arrivée des premiers Afghans évacués par la France

Les premiers Afghans mis en sécurité par la France après la chute du pays aux mains des talibans sont arrivés mercredi à Paris.

Un avion militaire transportant plus de 200 passagers, dont 25 français et une large majorité d'Afghans, dont un nombre important de femmes et d'enfants, s'est posé vers 19H00 GMT à l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle.

C'est la deuxième arrivée à Paris d'un vol du pont aérien mis en place par la France pour évacuer Français et Afghans du pays tombé aux mains des talibans. Un premier vol lundi transportait principalement des Français.

Un troisième vol a quitté Kaboul mercredi pour Abou Dhabi (Emirats arabes unis). Il ramène 138 personnes : 13 Français, 124 Afghans et un passager d'une nationalité non précisée.

Des milliers de personnes évacuées par Washington et Londres

Le Royaume-Uni a évacué 306 Britanniques et 2.052 Afghans, "en toute sécurité", a annoncé mercredi le Premier ministre Boris Johnson.

L'armée américaine a, elle, déjà évacué plus de 3.200 personnes, notamment du personnel américain, à l'aide d'avions militaires. De plus, près de 2.000 réfugiés afghans ont été acheminés vers les Etats-Unis.

Les Etats-Unis prévoient d'évacuer plus de 30.000 personnes via leurs bases au Koweït et au Qatar.

A Washington, le Département d'Etat a affirmé que les talibans ne tenaient pas leur promesse sur l'accès des Afghans à l'aéroport de Kaboul où s'organise le départ de personnes qui craignent le nouveau régime des fondamentalistes.

Berlin, qui a évacué 500 personnes, envoie 600 soldats à Kaboul

L'Allemagne a déjà évacué 500 personnes, selon le ministère des Affaires étrangères : 189 Allemands, 202 Afghans, 59 citoyens de l'Union européenne et 51 d'autres Etats.

Berlin a par ailleurs approuvé mercredi l'envoi de 600 soldats à Kaboul, pour soutenir l'évacuation "du plus grand nombre de personnes possible", jusqu'au 30 septembre au plus tard.

La chancelière Angela Merkel et le président américain Joe Biden ont aussi décidé d'un commun accord, mercredi, de renforcer leur coopération, notamment entre leurs forces armées présentes à l'aéroport de Kaboul, pour évacuer le plus grand nombre possible d'Afghans "nécessitant une protection", selon un porte-parole du gouvernement allemand.

Les ponts aériens vers les autres pays

L'Espagne a engagé une première série de rotations avec trois avions militaires. Un groupe de plus de 50 Espagnols et collaborateurs afghans, en route depuis Kaboul via Dubaï, doit arriver en Espagne jeudi, selon le gouvernement.

Les premiers ressortissants des Pays-Bas ont aussi été évacués mercredi. Certains, qui devaient partir avec le premier des deux avions, n'ont pas réussi à l'atteindre à temps, bloqués notamment par des soldats américains. Mais un appareil a quitté Kaboul pour Tbilissi (Géorgie), avec environ 35 Néerlandais et des ressortissants belges, allemands et britanniques, selon le ministère néerlandais de la Défense.

La Pologne a transféré 50 personnes de Kaboul vers l'Ouzbékistan, d'où un appareil civil doit les rapatrier. Deux autres avions militaires vont poursuivre les rotations. Selon le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, l'Otan et l'Union européenne ont demandé à Varsovie de rapatrier quelques-uns de leurs employés.

En Italie, 86 personnes ont atterri à Rome mercredi, à bord d'un avion militaire : des Italiens, des Afghans et leurs familles, et des personnels de l'Otan et de l'Union européenne, selon le ministère des Affaires étrangères. Quelque 200 autres personnes étaient attendues dans la péninsule.

Par ailleurs, 84 personnes, principalement des Afghans, se sont envolés mercredi de Kaboul pour Copenhague, a annoncé la Première ministre du Danemark Mette Fredriksen.

La mission belge d'évacuation, à laquelle s'est joint le Luxembourg, a envoyé quatre avions vers Islamabad, au Pakistan, pour organiser un pont aérien avec Kaboul.

La Norvège a rapatrié 14 Norvégiens et s'active pour exfiltrer les personnels afghans et leurs familles, mais "cela pourrait prendre du temps", car la situation est "extrêmement difficile", a expliqué la cheffe de la diplomatie norvégienne.

La Turquie, qui a déjà fait rentrer 324 de ses ressortissants lundi, organisait mercredi le retour de "plus de 200" autres depuis Kaboul, à bord d'un avion militaire, a annoncé l'agence officielle Anadolu.

De son côté, le Kazakhstan a évacué 42 personnes.

D'autres départs de nationaux et d'Afghans ont déjà eu lieu depuis le week-end dernier vers la République tchèque, la Suisse, la Macédoine du nord, l'Albanie ou le Kosovo.

Sur le même sujet