Le président afghan Ashraf Ghani a été localisé et s'exprime pour la première fois depuis sa fuite

Le président afghan Ashraf Ghani et sa famille ont fui le pays après qu'il soit tombé aux mains des talibans dimanche.

Le président afghan Ashraf Ghani a été localisé et s'exprime pour la première fois depuis sa fuite
© AFP
La rédaction avec AFP

Mais où était passé Ashraf Ghani ? Les Emirats arabes unis ont annoncé ce mercredi avoir accueilli le président afghan en fuite.

Les Emirats "ont accueilli le président afghan Ashraf Ghani et sa famille pour des considérations humanitaires", a annoncé l'agence officielle WAM, citant le ministère des Affaires étrangères.

Depuis son départ précipité de la capitale dimanche, qu'il avait annoncé sur son compte Facebook, de nombreuses rumeurs circulaient sur sa position, certaines le disaient au Tajikistan, ou en Ouzbekistan. D'autres au Oman ou au Liban, d'où est originaire sa femme.

L'ambassade russe à Kaboul avait aussi rapporté qu'il était parti avec quatre voitures et un hélicoptère plein d'argent, et qu'il avait même dû laisser sur le tarmac une partie de son cash qui ne rentrait pas dans les véhicules.

Ashraf Ghani a d'ailleurs été vivement critiqué par d'autres politiciens afghans pour avoir quitté le pays. "Dieu le tiendra pour responsable et la nation jugera également", a déclaré Abdullah Abdullah, président du Haut Conseil afghan pour la réconciliation nationale.

Âgé de 72 ans, M. Ghani a fui l'Afghanistan "pour éviter un bain de sang", a-t-il expliqué sur Facebook. Il avait été élu en 2014, en promettant de redresser l'Afghanistan et d'en finir avec la corruption. Il était présenté par ses adversaires comme un pantin des Etats-Unis. Ses relations avec Washington, qui promettaient d'être bonnes, se sont envenimées après que les Américains ont décidé d'entamer des négociations bilatérales avec les talibans à Doha, au Qatar.

Ce n'est pas la première fois que les Emirats, ce riche pays du Golfe, accueille des dirigeants et leurs proches, désormais persona non grata dans leur pays. L'année dernière, l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos, s'était exilé aux Emirats alors que la justice enquêtait sur des soupçons de corruption. En 2017, Dubaï avait accueilli l'ex-Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra, qui avait été condamnée par contumace à cinq ans de prison. L'ex-Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto s'était exilée aux Emirats entre 1999 et son retour au Pakistan en octobre 2007.

Les Emirats, avec l'Arabie saoudite et le Pakistan, avaient reconnu les talibans lorsqu'ils étaient au pouvoir de 1996 à 2001.

L'ex-président soutien les négociations avec les talibans

L'ancien président afghan Ashraf Ghani a adressé mercredi soir un message vidéo à ses compatriotes depuis les Emirats Arabes Unis, qui avaient confirmé plus tôt qu'ils l'avaient accueilli "pour raisons humanitaires". En préambule à son message, diffusé sur son compte Facebook, M. Ghani a expliqué qu'il allait traiter des "développements récents" en Afghanistan, qu'il a fui le week-end dernier alors que les talibans reprenaient le pouvoir.

Il a déclaré soutenir les négociations entre les talibans qui ont pris le pouvoir à Kaboul et d'anciens hauts responsables afghans, ajoutant qu'il était "en discussion pour rentrer" dans son pays. "Je soutiens l'initiative du gouvernement de négocier avec (l'ex-vice président) Abdullah Abdullah et l'ancien président Hamid Karzai (son prédécesseur, ndlr). Je souhaite le succès de ce processus", a-t-il déclaré.

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