Un pont aérien toujours chaotique avec Kaboul

Un pont aérien toujours chaotique avec Kaboul
© afp
Belga et.AFP

Accès rendu difficile par les talibans, civil allemand blessé par balle : un pont aérien mobilise depuis dimanche, dans des conditions chaotiques, des avions du monde entier pour évacuer par l’aéroport de Kaboul des diplomates, d’autres étrangers et des Afghans fuyant un pays tombé aux mains des talibans.

La mission d'évacuation belge de la capitale afghane a été lancée vendredi. Deux vols ont déjà été réalisés (sur les quatre prévus vendredi), lors desquels seize Belges et leurs familles ont été transportés vers Islamabad, au Pakistan. Le second vol est rentré à vide à Islambad, a annoncé la ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès. "Il reste très difficile d'entrer dans l'aéroport", a-t-elle expliqué au cours d'une conférence de presse à Bruxelles consacrée à l'opération "Red Kite" (cerf-volant rouge) lancée par le gouvernement fédéral pour évacuer des centaines de personnes d'Afghanistan après la prise de pouvoir des talibans à Kaboul.

Cette opération se déroule dans des circonstances extrêmement difficiles, a-t-elle souligné, tout en affirmant que la Belgique tenait à assurer ses obligations consulaires envers ses ressortissants et leurs ayants droit. "Au total, 64 personnes ont reçu l'autorisation de se rendre à l'aéroport de Kaboul", mais toutes n'ont pas pu embarquer à bord des deux C-130 Hercules de l'armée belge dépêchés au Pakistan pour effectuer des rotations vers Kaboul.

Des avions civils seront ensuite utilisés pour rapatrier ces personnes en Belgique, et à partir de dimanche, un avion de transport et ravitailleur A330 MRTT d'une flotte de l'Otan, a pour sa part précisé la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, devant la presse. Celle-ci a regretté que la mission d'évacuation belge n'ait pu ramener qu'un nombre limité de ressortissants belges pour l'instant. Elle insiste sur le fait que des "vols navettes" entre Kaboul et Islamabad vont encore être effectués, "aussi longtemps que cela sera nécessaire".

Des conditions difficiles au sol et en l’air

Un pilote militaire tchèque de retour de Kaboul a décrit les conditions difficiles des rotations aériennes avec l'Afghanistan, sans véritable contrôle aérien, sans approvisionnement possible en kérosène sur place et avec des décollages périlleux. Au milieu d'un fort trafic au-dessus de Kaboul, "nous devions garder nos distances en l'air et atterrir l'un derrière l'autre. Nous cherchions des fréquences pour communiquer les uns avec les autres", a expliqué le "commandant MM".

Il est très difficile d'amener les gens à l'aéroport, surtout s'ils n'ont qu'un passeport afghan. "Les talibans ont renforcé le contrôle à de nombreux points de contrôle militaires, il est difficile pour de nombreux pays de faire passer les gens", a indiqué la ministre néerlandaise des Affaires étrangères, Sigrid Kaag. Le gouvernement néerlandais veut aussi récupérer 700 de ses ressortissants qui s'étaient rendus en Afghanistan, "en visite familiale", a précisé la ministre, citée par l'agence de presse néerlandaise ANP.

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