Quelque 175 personnes, dont 136 Belges, évacuées de Kaboul dimanche et environ 400 personnes attendues en Belgique lundi

Quelque 175 personnes, dont 136 Belges, ont été évacuées de Kaboul vers Islamabad dimanche, lors de quatre rotations des avions C-130, dans le cadre de l'opération "Red Kite" lancée par le gouvernement fédéral pour permettre à des centaines de personnes de quitter l'Afghanistan, pays tombé aux mains des talibans. C'est ce qu'ont annoncé en fin d'après-midi les Affaires étrangères.

Quelque 175 personnes, dont 136 Belges, évacuées de Kaboul dimanche et environ 400 personnes attendues en Belgique lundi
© DEFENSIE/ LA DEFENCE/ VINCENT BORDIGNON

Environ 400 personnes devraient être ramenées en Belgique dans les prochaines heures, probablement lundi matin, à bord d'un vol charter civil opéré par la compagnie Air Belgium et d'un autre affrété par la Défense. Après 16 personnes vendredi, environ 250 autres, dont 93 Belges et ayant-droits, avaient déjà pu prendre place à bord des trois vols opérés entre les capitales afghane et pakistanaise par les C-130 belges samedi. S'y ajoutent donc 175 personnes ce dimanche, dont 136 Belges (hommes, femmes et enfants) mais aussi des Néerlandais et un diplomate américain.

Chaque vol opéré ce dimanche a pu embarquer des personnes, ce qui prouve que chacun d'eux à son utilité, souligne-t-on au sein de la Défense. D'autres rotations des trois C-130 belges présents sur place sont d'ailleurs encore prévues dans les prochains jours, à commencer par quatre ce lundi.

Les quelque 400 personnes se trouvant déjà à Islamabad seront probablement ramenées en Belgique lundi matin, via l'aéroport militaire de Melsbroek. Deux vols sont planifiés. L'un, un charter civil opéré par Air Belgium avec un A340, devrait quitter le Pakistan durant la nuit (il est arrivé en début de soirée heure belge sur place, NDLR) et atterir tôt lundi matin tandis que l'autre, affrété par la Défense, devrait également arriver en Belgique ce lundi.

Après leur retour en Belgique, toutes ces personnes seront ensuite emmenées à la caserne militaire de Peutie pour des contrôles d'identité et médicaux, dont un test PCR pour le Covid-19, avant d'être réparties en fonction de leur statut. La Sûreté de l'État et le Service général du renseignement et de la sécurité militaire effectueront également des contrôles.

Des dispositions sont d'ailleurs prises par la Défense pour pouvoir accueillir au mieux à Peutie ce flux important de personnes.

Cette même caserne avait déjà accueilli samedi soir 34 Belges évacués d'Afghanistan et revenus en Europe via un vol néerlandais et l'aéroport de Schiphol, près d'Amsterdam. Tous avaient quitté Peutie dimanche en milieu de journée.

Au total, ce sont désormais 263 Belges et ayant-droits qui ont pu quitter Kaboul ces derniers jours. Ce nombre ne tient toutefois pas compte des ressortissants ayant pu prendre place dans des vols opérés par des partenaires européens de la Belgique. Les Affaires étrangères doivent encore faire un état des lieux en la matière pour connaître le nombre de personnes évacuées par d'autres moyens que par ceux qu'a déployés la Belgique.

Aucune personne de la société civile afghane, que ce soient des activistes ou des collaborateurs d'organisations internationales, n'avait encore été évacuée vers la Belgique dans les vols opérés jusque samedi, selon les informations du cabinet du secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Sammy Mahdi, qui n'avait pas encore de vue sur les rotations effectuées ce dimanche.

"Les personnes qui nous ont aidés dans la lutte contre les talibans, comme les interprètes et les militants des droits de l'Homme et de la communauté LGBTQI, devraient pouvoir obtenir l'asile en Belgique", a estimé Sammy Mahdi dimanche soir, interrogé par VTM Nieuws. Il a également plaidé à nouveau pour des investissements dans un accueil sûr dans la région, par exemple au Pakistan.

La situation à Kaboul reste en tous les cas extrêmement volatile, avec des conditions sécuritaires qui se détériorent, insiste-t-on aux Affaires étrangères dimanche. Cela en raison notamment d'un afflux important de personnes autour de l'aéroport et principalement aux portes d'accès (gates), dont une est fermée pour le moment.

S'y ajoutent des menaces d'attentat à proximité de l'aéroport, ce qui complexifie encore la situation. Les Affaires étrangères maintiennent toutefois leur invitation aux Belges et aux personnes éligibles à se présenter à l'aéroport et assurent suivre de très près l'évolution de la situation sur place.