Birmanie: plusieurs morts dans des affrontements entre l'armée et des miliciens

De violents affrontements ont fait plusieurs morts en Birmanie dans un village de l'ouest, a appris l'AFP vendredi auprès des autorités, l'armée affirmant avoir répliqué aux tirs d'une milice citoyenne, tuant au moins dix personnes selon des témoins.

Birmanie: plusieurs morts dans des affrontements entre l'armée et des miliciens
©BELGA/afp
AFP

Des troupes de l'armée birmane ont été attaquées jeudi avec des "armes légères et des armes artisanales" alors qu'elles entraient dans le village de Myin Thar (ouest), a affirmé le porte-parole de la junte Zaw Min Tun.

Les militaires ont tué des combattants, a-t-il ajouté, sans donner de bilan.

"Plus de 10 personnes ont été tuées" d'après des médias locaux et le témoignage à l'AFP d'un villageois, qui a ajouté que la Tatmadaw (nom des forces armées birmanes) incendié plusieurs maisons. Des habitants ont fui les combats, se réfugiant notamment dans un monastère, selon un autre témoin.

L'armée birmane a renversé le 1er février le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi, mettant fin à une parenthèse démocratique de 10 ans.

Depuis, les généraux mènent une répression sanglante, avec plus de 1.000 civils tués et plus de 6.000 en détention, des ONG rapportant des cas de tortures, de viols et d'exécutions extra-judiciaires.

En réaction, "des forces de défense du peuple", une nébuleuse de milices citoyennes, se sont mises en place pour mener une guérilla contre les militaires.

Mardi, le gouvernement d'unité nationale (NUG), formé par des ex-députés du parti d'Aung San Suu Kyi en fuite, a lancé un appel à la "guerre défensive", exhortant les civils à viser des cibles militaires.

L'armée a justifié son retour au pouvoir en alléguant des fraudes lors des législatives de novembre, remportées massivement par le parti d'Aung San Suu Kyi. Après avoir annulé ce scrutin, elle a promis la tenue de nouvelles élections d'ici l'été 2023.

Aung San Suu Kyi, 76 ans, est assignée à résidence depuis son arrestation le 1er février. Inculpée à de multiples reprises, notamment pour sédition et corruption, son procès a été ajourné à cause de l'épidémie de coronavirus qui frappe le pays.