Deux Américains retenus en Chine depuis trois ans autorisés à quitter le territoire

Deux Américains, retenus en Chine depuis trois ans sur fond d'accusations de blanchiment d'argent visant leurs parents, ont finalement été autorisés à quitter le territoire, ont confirmé mardi Pékin et Washington.

Deux Américains retenus en Chine depuis trois ans autorisés à quitter le territoire
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Aucune raison n'a été avancée pour expliquer la soudaine levée de la restriction visant Victor Liu et sa soeur Cynthia, tous les deux majeurs et dont le père a fui la Chine où il est soupçonné de fraude bancaire.

L'annonce de leur libération intervient quelques jours après le report, par le ministère américain de la Justice, des poursuites engagées contre Meng Wanzhou, la numéro deux du géant chinois des télécoms Huawei.

Retenue au Canada depuis 2018 car visée par une demande d'extradition formulée par les Etats-Unis, la dirigeante est finalement rentrée en Chine samedi, mettant fin à un long et tendu feuilleton diplomatique Pékin-Ottawa-Washington.

"Nous nous réjouissons du retour de Cynthia et Victor Liu aux États-Unis dimanche", a indiqué par courriel à l'AFP un porte-parole du département d'Etat américain, sans autres précisions.

La diplomatie chinoise a également confirmé que les deux Américains avaient quitté la Chine.

L'interdiction de sortie du territoire qui visait Victor et Cynthia Liu était justifiée par la volonté "de faire la lumière" sur "les accusations de blanchiment d'argent" visant leurs parents, a assuré mardi Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Leur mère Sandra Han faisait également l'objet d'une interdiction de sortie du territoire. Ni Pékin ni Washington n'ont toutefois fourni de détails sur sa situation actuelle.

Victor et Cynthia Liu avaient affirmé en 2018 au quotidien américain New York Times que la police chinoise, en les retenant, voulait forcer leur père Liu Changming à se rendre à la justice.

Ex-haut dirigeant de la banque d'Etat Bank of Communications, il est accusé d'avoir mené l'une des plus grandes fraudes bancaires du pays, avec 1,2 milliard d'euros de prêts illégaux qui auraient été accordés à des promoteurs immobiliers.

"Nous nous opposons à l'utilisation d'interdictions de sortie du territoire contre des personnes qui ne sont pas elles-mêmes accusées" de crimes ou délits, a souligné le porte-parole du département d'Etat américain.

Le retour de Meng Wanzhou en Chine ce weekend a coïncidé avec la libération par la Chine de deux Canadiens qui avaient été arrêtés peu après la dirigeante de Huawei, une concordance d'événements interprétée par nombre d'observateurs comme une "diplomatie des otages" entre Pékin et Washington.