Vive émotion en Inde: une jeune fille de 16 ans affirme avoir été violée par des centaines d'hommes

Ce viol collectif met à nouveau en lumière le problème endémique de la violence sexuelle en Inde.

Vive émotion en Inde: une jeune fille de 16 ans affirme avoir été violée par des centaines d'hommes
©AFP/ BELGA

Au moins sept hommes ont été arrêtés dans l'Ouest de l'Inde après qu'une jeune fille de 16 ans a affirmé avoir été violée par des centaines d'individus le 11 novembre dernier, rapporte CNN ce mardi.

La jeune fille, sans domicile fixe, a déclaré au Comité indien de protection de l'enfance (CWC) avoir été violée par environ 400 hommes dans la ville de Beed, située dans l'Etat de Maharashtra. Selon le président du CWC, Abhay Vitthalrao Vanave, la jeune fille mendiait de l'argent à un arrêt de bus lorsqu'elle a été forcée à se prostituer.

Après avoir été prise en charge par le Comité de protection de l'enfance, la jeune Indienne a pu identifier au moins 25 auteurs présumés, parmi lesquels deux policiers.

Quelques jours après les faits, la police de Beed a annoncé avoir ouvert des dossiers contre huit hommes - dont un mineur - pour des faits de viols et d'agressions sexuelles, sans faire davantage de commentaires.

Le viol, véritable fléau en Inde

Les faits ont suscité une vive émotion en Inde. Yogita Bhayana, militante des droits des femmes à la tête de l'association "People Against Rape", a déclaré qu'il s'agissait du "cas de viol le plus tragique de l'histoire". "Cette fille a été torturée chaque jour", a-t-elle déclaré, dénonçant le manque de réactions de la part de la police. "Nous voulons une action stricte contre tous les coupables", a-t-elle insisté.

Ces récents événements ne sont malheureusement pas sans en rappeler d'autres. En 2020, plus de 28.000 cas de viols présumés ont été signalés en Inde, selon le National Crime Records Bureau, soit un viol toutes les 18 minutes environ. Un chiffre qui pourrait être bien plus élevé selon les experts, les actes de violences sexuelles n'étant pas systématiquement enregistrés, en raison d'un sentiment de honte de la part des victimes ou par peur de représailles.

Depuis le viol collectif brutal d'une étudiante indienne à New Dehli en 2012, une affaire qui avait été largement médiatisée à travers le monde, le nombre de viols signalés a considérablement augmenté dans le pays. Malgré l'introduction de plusieurs mesures judiciaires, notamment des peines plus sévères pour les auteurs de viols et l'accélération de la procédure judiciaire dans ce genres d'affaires, le viol reste l'un des crimes les plus communs commis contre les femmes en Inde et constitue un véritable fléau à l'échelle nationale.