Réactions internationales à la condamnation d'Aung San Suu Kyi : une "tentative effroyable d'étouffer l'opposition" pour Londres, l'UE dénonce un verdict "à motivation politique"

Le gouvernement britannique a qualifié lundi de "tentative effroyable (...) d'étouffer l'opposition" la condamnation de l'ex-icône de la démocratie Aung San Suu Kyi à 4 ans de prison pour incitation aux troubles publics et violation des règles sanitaires liées au Covid.

Réactions internationales à la condamnation d'Aung San Suu Kyi : une "tentative effroyable d'étouffer l'opposition" pour Londres, l'UE dénonce un verdict "à motivation politique"
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"La condamnation d'Aung San Suu Kyi est une autre tentative effroyable du régime militaire de Birmanie d'étouffer l'opposition et de supprimer la liberté et la démocratie. Le Royaume-Uni appelle le régime à libérer les prisonniers politiques, à engager le dialogue et à permettre un retour à la démocratie", a déclaré dans un communiqué la ministre des Affaires étrangères Liz Truss.

Lundi, l'ex-icône de la démocratie renversée par l'armée en février a été condamnée à deux ans de prison pour incitation aux troubles publics et à la même peine pour violation des règles sanitaires liées au Covid.

L'ancien président Win Myint a été condamné aux mêmes même peines, a déclaré par téléphone à l'AFP un porte-parole de la junte Zaw Min Tun, ajoutant qu'ils ne seraient pas conduits en prison pour le moment.

L'ancien Premier ministre travailliste Tony Blair a lui aussi dénoncé ces condamnations, qui montrent selon lui "la brutalité impitoyable du régime actuel en Birmanie et leur intention de détruire complètement la démocratie naissante du pays".

La condamnation pour incitation est liée à des déclarations publiées par le parti d'Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), peu après le coup d'État, condamnant la prise de pouvoir par les généraux.

Le chef d'inculpation relatif au Covid est lié quant à lui aux élections de l'année dernière, que la LND a remportées haut la main, mais les détails ne sont pas connus, la junte ayant imposé le silence sur les procédures judiciaires.

La Haute-Commissaire aux droits de l'homme "déplore" la condamnation d'Aung San Suu Kyi

La Haute-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Michelle Bachelet a déploré lundi la condamnation à 4 ans de prison d'Aung San Suu Kyi par le régime militaire birman.

La condamnation d'Aung San Suu Kyi "dans un procès truqué avec une procédure secrète devant une cour contrôlée par les militaires n'est rien d'autre que politiquement motivée", a dénoncé Mme Bachelet, qui estime que ce n'est pas seulement la négation de la liberté de la prix Nobel de la paix mais que cette condamnation "ferme aussi une porte au dialogue politique".

L'UE condamne "fermement" la condamnation de Aung San Suu Kyi, verdict "à motivation politique".

Le comité du Nobel de la paix "inquiet"

Le comité attribuant le prix Nobel de la paix s'est dit "inquiet" lundi pour l'ancienne dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, après sa condamnation au terme d'un procès "peu crédible".

Dans une déclaration transmise à l'AFP, la présidente du comité norvégien Berit Reiss-Andersen s'est dite "inquiète de ce que cet emprisonnement signifie pour l'avenir de la démocratie en Birmanie" et "inquiète du poids qu'une longue peine de prison pourrait coûter personnellement à Aung San Suu Kyi", lauréate du prix en 1991.

"Le procès contre Aung San Suu Kyi apparaît comme peu crédible" et "fait partie de la répression de l'opposition dans le pays", a accusé la présidente du groupe décernant le Nobel de la paix.

La Norvège, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères, a elle "condamné le plus fortement possible" sa peine de prison et réclamé sa libération immédiate.

"Aung San Suu Kyi a consacré sa vie à lutter pour la liberté et la démocratie en Birmanie et a tenu ce rôle difficile depuis plus de 30 ans", a encore salué le comité Nobel.

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