Tirs de lacrymogène par la police contre une grande manifestation au Kazakhstan

La police du Kazakhstan a utilisé mardi des grenades assourdissantes et du gaz lacrymogène pour disperser une manifestation contre la hausse des prix du gaz rassemblant plusieurs milliers de personnes à Almaty, capitale économique de ce pays d'Asie centrale.

AFP

Deux journalistes de l'AFP, qui ont vu les tirs de la police, ont comptabilisé au moins 5.000 personne pour cette protestation, dans ce pays autoritaire où ce type de rassemblement est rare.

Les messageries populaires Whatsapp, Telegram et Signal étaient inaccessibles dans la soirée au Kazakhstan, où des protestations ont éclaté dans plusieurs villes depuis dimanche.

Le président kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev s'est adressé à la population en exhortant à "faire preuve de prudence" et à "ne pas céder aux provocations".

Sur fond de colère après une hausse des prix du gaz naturel liquéfié (GNL), le mouvement a démarré dans la ville de Janaozen, dans l'ouest de ce pays riche en ressources naturelles, avant de s'étendre à la grande ville régionale d'Aktau sur les bords de la mer Caspienne.

Janaozen a été par le passé le théâtre des troubles les plus meurtriers qui ont secoué le Kazakhstan depuis son indépendance de l'URSS en 1991. En 2011, au moins 14 ouvriers d'un site pétrolier ont été tués quand la police a réprimé une manifestation contre les conditions de travail et les salaires.

Dans la soirée, les autorités ont annoncé concéder une réduction du prix du GNL en le fixant à 50 tenges (0,1 euro) le litre dans la région. Cette promesse n'a pas pour autant entraîné la dispersion des manifestants.

M. Tokaïev, au pouvoir depuis 2019, a été choisi comme successeur par le dirigeant historique Noursoultan Nazarbaïev, 81 ans, qui a dirigé le Kazakhstan durant trente ans à partir 1989 et conserve une influence.

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