Moscou rejette les critiques américaines sur le déploiement russe au Kazakhstan

La Russie a qualifié samedi de "grossières" les critiques émises la veille par les Etats-Unis sur la présence de troupes de Moscou au Kazakhstan pour appuyer le pouvoir face à des manifestations de grande ampleur.

Moscou rejette les critiques américaines sur le déploiement russe au Kazakhstan
©AFP

Vendredi, le chef de la diplomatie américaine, Anthony Blinken, avait mis en garde le Kazakhstan en déclarant qu'"une leçon de l'histoire récente est qu'une fois que les Russes sont chez vous, il est parfois très difficile de les faire partir".

"Le secrétaire d'Etat américain Anthony Blinken a tenté de faire une plaisanterie désopilante au sujet des événements tragiques au Kazakhstan. Une tentative grossière, pas la première", a réagi le ministère russe des Affaires étrangères.

"Si Anthony Blinken est si féru de leçons d'histoire, en voici une qui vient à l'esprit: une fois que les Américains sont chez vous, il peut être difficile de rester en vie, de ne pas être pillé ou violé", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le ministère russe a en outre cité les Amérindiens, les Coréens, les Vietnamiens et les Syriens comme faisant partie, selon lui, des "peuples malheureux qui ont eu la malchance de voir ces hôtes débarquer sur le pas de leur porte sans invitation".

L'objet de cette passe d'armes, qui s'inscrit dans un contexte de vives tensions diplomatiques entre Moscou et Washington, est l'envoi par la Russie de militaires au Kazakhstan à l'appel du président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev.

Plus grand pays d'Asie centrale, le Kazakhstan a été ébranlé cette semaine par des manifestations qui ont viré à l'émeute, notamment à Almaty, la capitale économique, où des dizaines de personnes ont été tuées, selon les autorités.

Les militaires russes ont commencé à y être déployés jeudi pour appuyer le pouvoir en place en protégeant les bâtiments stratégiques et en épaulant les forces de l'ordre, dans le cadre d'un contingent multinational de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), un groupe composé de Moscou et cinq pays alliés.

Le nombre exact de militaires déployés n'était pas connu, mais des médias ont rapporté que le contingent russe ne devrait pas dépasser 5.000 membres au total.

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