Troubles au Sri Lanka : le Président seul contre tous

Malgré un front commun contre lui, le Président s’accroche.

S.G. (avec AFP)
Troubles au Sri Lanka : le Président seul contre tous
©AFP

Si les protestations qui secouent la capitale Colombo sont inédites, celles qui ébranlent Tangalle, dans le sud de l’île, étaient impensables il y a encore quelques mois. Dans ce bastion traditionnel du clan Rajapaska, des milliers de manifestants ont tenté, lundi, de prendre d’assaut le domicile privé du Premier ministre, Mahinda Rajapaska. La police a utilisé gaz lacrymogènes et canons à eau pour les disperser.

Dans le même temps, l'opposition sri-lankaise a réitéré ses appels à la démission du président Gotabaya Rajapaska, petit frère du Premier ministre. Les deux membres du clan au pouvoir sont esseulés après la démission, dans la nuit de dimanche à lundi, de tous les autres membres du pouvoir exécutif. Gotabaya Rajapaska a demandé aux partis d'opposition de "se joindre à l'effort de recherche de solutions à la crise nationale".

Une invitation "absurde" selon l'opposition qui a réclamé au contraire son départ en raison de l'aggravation des pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments qui affectent le pays de 22 millions d'habitants.

Pire crise économique

Le Président "doit vraiment être fou pour penser que les députés de l'opposition soutiendront un gouvernement qui s'effondre", a déclaré à la presse Anura Dissanayake, du Front de libération du peuple (JVP, gauche).

La pandémie de Covid a fait chuter les revenus du tourisme et les transferts de fonds. Face à une grave pénurie de devises étrangères, le Sri Lanka peine à assurer le service de sa dette, qui s’élève à 51 milliards de dollars.

À quoi il faut ajouter, selon des économistes, des réductions d’impôts malavisées qui ont privé l’État de recettes. Le gouvernement a reconnu qu’il s’agissait de la pire crise économique depuis l’indépendance en 1948 et demandé l’aide du Fonds monétaire international (FMI), mais les négociations pourraient durer jusqu’à la fin de l’année.

Le gouverneur de la banque centrale, Ajith Cabraal, qui s’oppose à ce plan de sauvetage du FMI, a lui aussi démissionné lundi.