"Tout le monde s'est mis à crier" : à Shanghai, les cris de désespoir des habitants confinés

Fait très rare. Des Chinois ont commencé à manifester ouvertement leur mécontentement par rapport aux restrictions sanitaires.

La rédaction
"Tout le monde s'est mis à crier" : à Shanghai, les cris de désespoir des habitants confinés
©AFP

Depuis onze jours, 25 millions d'habitants sont confinés chez eux à Shanghai suite à une nouvelle hausse des contaminations au Covid-19. Fait extrêmement rare dans ce pays où la liberté d'expression est cadenassée, des habitants, désemparés par la pénurie de nourriture, ont commencé à manifester leur mécontentement. Sur des vidéos partagées le samedi 9 avril sur Twitter, on peut ainsi entendre des cris et des sifflements provenant de plusieurs immeubles alors que la nuit est tombée. C'est la méthode qu'ont trouvée certains chinois pour manifester ouvertement leur mécontentement par rapport aux restrictions sanitaires.

France Inter a traduit les propos de l'homme qui s'exprime dans le dialecte de la ville dans cette vidéo. Ce dernier raconte : "Au début, certains ont crié, puis brusquement, tout le monde s'est mis à crier. Car tous ces gens ne savent pas combien de temps ce confinement va durer et pourquoi la mesure a été décidée. Il n'y a pas d'explication. Nous sommes confinés depuis 7 jours. Non seulement on ne peut pas sortir de la résidence, mais même pas de nos appartements. Ça ne va pas, Si ça dure longtemps, il y aura des problèmes." Les habitants doivent notamment faire face à une pénurie de nourriture : de nombreux supermarchés sont fermés, et certains se retrouvent sans nourriture.

Dans cette autre publication, on découvre qu'un habitant à installé son frigo sur son balcon, les portes ouvertes pour souligner son état : complètement vide.

Face à cette colère, les autorités de la plus grande ville de Chine ont annoncé lundi qu'elles autoriseraient progressivement les habitants des zones comptant le moins de contaminations à se déplacer en dehors de leur quartier, bien que l'on ne sache pas combien de personnes pourront sortir de chez elles ni quand. Des doutes sont soulevés sur les réseaux sociaux sur l'application de ces mesures, notamment en rappelant les chiffres des contaminations avec une carte.