En Afghanistan, les femmes journalistes devront se couvrir le visage à la télévision

Les femmes journalistes en Afghanistan devront se couvrir le visage à la télévision à l'avenir, ont annoncé les talibans au pouvoir, a rapporté jeudi Tolonews.

La Rédaction
En Afghanistan, les femmes journalistes devront se couvrir le visage à la télévision
©AP

Pas à pas, les Talibans sont en train de soumettre les femmes afghanes à leurs règles extrêmes. Ce jeudi, la chaîne de télévision privée Tolo News a annoncé que le ministère du Vice et de la Vertu, ainsi que celui de la Culture et de l'Information, a ordonné au propriétaire de la chaîne de couvrir la totalité du visage des présentatrices. On ne pourra désormais plus voir que leurs yeux, selon un représentant des médias afghans interrogé par l'agence de presse allemande DPA. Un autre a évoqué la possibilité que les présentatrices se couvrent le nez et la bouche avec un masque médical. La décision est « sans appel », ont informé les talibans.

A cela s’ajoute la décision, annoncée le 7 mai, de réimposer le port de la burqa par les femmes dans l’espace public. Le décret a été ordonné par le chef suprême des talibans et de l'Afghanistan, Hibatullah Akhundzada. Les talibans ont veillé à ne pas punir les femmes elles-mêmes, pour ne pas choquer plus la communauté internationale, mais à faire peser la charge de ce contrôle social sur leur famille. Les chefs de famille qui ne feraient pas respecter le port du voile intégral encourent d'abord trois jours de prison, puis des peines supérieures.

Par ailleurs, les talibans ont également décidé de dissoudre la Commission indépendante des Droits de l’Homme, qui ne pouvait déjà plus opérer dans le pays depuis la prise du pouvoir par les talibans en août 2022.

L'opposition se réunit en Turquie

Pendant ce temps-là, en Turquie, l'opposition a entamé jeudi une réunion de plusieurs jours, sous la direction du général Abdul Rashid Dostum, ancien vice-président de la République islamique d'Afghanistan entre 2014 et 2020. Elle rassemble plusieurs figures importantes de l'ancien pouvoir, dont Ahmed Zia Massoud, jeune frère du commandant Massoud. La réunion a pour but de voir « comment changer la situation en Afghanistan », selon un porte-parole interrogé par Tolo News.