Biden annonce un nouveau partenariat économique en Asie-Pacifique avec 13 pays et met en garde la Chine

Le président américain Joe Biden a annoncé lundi à Tokyo le lancement d'un nouveau partenariat économique en Asie-Pacifique avec 13 premiers pays participants, dont les Etats-Unis et le Japon mais pas la Chine, qui voit ce projet d'un mauvais œil.

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Biden annonce un nouveau partenariat économique en Asie-Pacifique avec 13 pays et met en garde la Chine
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Le Cadre économique pour l'Indo-Pacifique (Indo-Pacific Economic Framework, IPEF) n'est pas un accord de libre-échange, mais prévoit davantage d'intégration entre ses pays membres dans quatre domaines clé: l'économie numérique, les chaînes d'approvisionnement, les énergies vertes et la lutte contre la corruption.

"Les Etats-Unis et le Japon, ensemble avec 11 autres nations, vont lancer le Cadre économique pour l'Indo-Pacifique", a déclaré M. Biden lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre japonais Fumio Kishida. "C'est un engagement pour travailler avec nos amis proches et partenaires dans la région, sur des défis qui importent le plus pour assurer la compétitivité économique au 21e siècle", a ajouté le président américain. Plus de détails sur l'IPEF devaient être dévoilés ultérieurement lundi.

Cette initiative américaine apparaît clairement destinée à offrir en Asie-Pacifique une alternative à la Chine, deuxième puissance économique mondiale à l'influence grandissante dans la région. Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden, a assuré qu'il s'agissait d'une "plateforme ouverte" car conçue et définie comme telle, mais Pékin se sent délibérément exclu et l'a déjà vertement fait savoir.

Washington cherche "à former de petites cliques au nom de la liberté et de l'ouverture" en espérant "contenir la Chine", a critiqué dès dimanche le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, considérant le projet américain "voué" à l'échec.

Sous Donald Trump, le prédécesseur de M. Biden à la Maison Blanche, les Etats-Unis s'étaient retirés en 2017 du Partenariat transpacifique (TPP), un vaste accord multilatéral de libre-échange qui a fait l'objet d'un nouveau traité en 2018 sans Washington. M. Biden a lui aussi fait comprendre qu'il n'avait aucune intention de relancer de grands accords de libre-échange, face à une opinion publique américaine qui voit majoritairement ces traités comme une menace pour les emplois aux Etats-Unis.

Vers une levée des barrières tarifaires pour la Chine ?

Le président américain Joe Biden a aussi déclaré à Tokyo qu'il envisageait de lever des barrières tarifaires pour la Chine, soulignant qu'elles n'avaient pas été imposées par son administration. "Nous n'avons pas imposé ces barrières tarifaires", a-t-il dit quand il a été interrogé par la presse sur la possibilité de les lever, ajoutant que leur levée était "à l'étude".

Par contre, il a déclaré que les Etats-Unis défendraient militairement Taïwan si Pékin envahissait l'île autonome, avertissant que la Chine "flirte avec le danger". "C'est l'engagement que nous avons pris", a déclaré M. Biden quand on lui a demandé lors d'une conférence de presse si les Etats-Unis interviendraient militairement contre une tentative chinoise de s'emparer de ce territoire par la force. "Nous étions d'accord avec la politique d'une seule Chine, nous l'avons signée (...) mais l'idée que (Taïwan) puisse être pris par la force n'est tout simplement pas appropriée", a-t-il dit. Les Chinois "flirtent déjà avec le danger en ce moment en volant si près (de Taïwan) et avec toutes les manœuvres qu'ils entreprennent", a déploré M. Biden.

Le président américain a fait ces déclarations lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre japonais Fumio Kishida, avec lequel il s'est longuement entretenu à Tokyo.

M. Kishida a de son côté déclaré que le Japon et les Etats-Unis "vont surveiller les récentes activités de la marine chinoise, ainsi que les mouvements liés aux exercices conjoints de la Chine et de la Russie". "Nous nous opposons fermement aux tentatives de changer le statu quo par la force en mer de Chine orientale et en mer de Chine méridionale", a dit M. Kishida. "De plus, nous sommes convenus de nous occuper ensemble de diverses questions liées à la Chine, dont celle des droits humains", a-t-il ajouté.

Evoquant aussi la Russie, Joe Biden a déclaré qu'elle devait "payer un prix à long terme" pour sa "barbarie en Ukraine" en termes de sanctions imposées par les Etats-Unis et leurs alliés.

"Il ne s'agit pas seulement de l'Ukraine", a dit le président américain. Car si "les sanctions n'étaient pas maintenues à de nombreux égards, alors quel signal cela enverrait-il à la Chine sur le coût d'une tentative de prise de Taïwan par la force?"

Disant s'attendre à ce qu'une telle invasion n'ait "pas lieu", M. Biden a toutefois déclaré que cela dépendrait "de la force avec laquelle le monde fait comprendre" à la Chine le prix qu'elle aurait à payer en cas d'invasion.