La Belgique critique la visite de Michelle Bachelet en Chine: "Convaincante ni sur le fond ni sur la forme"

Le secrétaire d’État Mathieu Michel a critiqué, mardi à la Chambre, le voyage au Xinjiang de la Haute commissaire aux droits de l’homme de l’Onu et pointé son instrumentalisation.

La Belgique critique la visite de Michelle Bachelet en Chine: "Convaincante ni sur le fond ni sur la forme"
©AFP

"Malheureusement, la visite n'a été convaincante ni sur le fond ni sur la forme." Le secrétaire d'État Mathieu Michel a clairement critiqué, mardi en commission des Relations extérieures de la Chambre, la visite en Chine de la Haute commissaire aux droits de l'homme de l'Onu (la première à ce niveau depuis 2005 au pays du Milieu). Michelle Bachelet, qui s'était rendue sur place à la fin du mois de mai, avait effectué une visite de deux jours dans la région du Xinjiang où les autorités communistes se livrent à une répression féroce de la minorité ouïghoure depuis cinq ans. Les députés belges, notamment, avaient dénoncé, l'an dernier, "les crimes de persécution et les violations massives des droits humains dans la région autonome du Xinjiang, qui peuvent être constitutifs de crimes contre l'humanité", et reconnu "qu'il existe un risque sérieux de génocide contre la minorité ouïghoure".

Michelle Bachelet n'a guère pu documenter indépendamment la situation sur place, ni rencontrer des prisonniers d'opinion tels qu'Ilham Tohti ou les victimes des camps de rééducation et de travail forcé. Les "modalités telles que la bulle sanitaire et les habituelles réserves quant à l'authenticité de l'accueil par la population locale ne témoignent pas d'un accès significatif ou sans entraves", a regretté M. Michel. "En outre, la visite a permis aux autorités chinoises de mettre en avant leur narratif sur les droits humains. Le risque d'instrumentalisation identifié en amont de la mission est donc bien réel."

"On ne peut plus limpide"

Samuel Cogolati (Ecolo-Groen), vice-président de la commission des Relations extérieures, s'est réjoui de cette "réponse on ne peut plus limpide" venue du gouvernement belge, car "nous avons en effet l'habitude des réponses diplomatiques". "Une fois de plus, je plaide de tout cœur pour un accès significatif à la région des experts de l'Onu – à un moment donné, il faut quand même faire la lumière sur ce qui se passe au Xinjiang –, mais également pour la publication la plus rapide possible du rapport annoncé sur la situation des droits humains" dans cette région de l'ouest de la Chine.

Mme Bachelet, qui a annoncé lundi qu’elle ne briguerait pas de second mandat à son poste, a promis que le rapport en question serait publié avant son départ le 31 août, après l’avoir partagé avec les autorités chinoises.