Japon: le parti au pouvoir vers une large victoire aux sénatoriales

Les Japonais ont sans surprise plébiscité la coalition au pouvoir dimanche lors des élections sénatoriales, selon des résultats partiels, un scrutin qui a été éclipsé par l'assassinat vendredi de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe au cours d'un meeting électoral.

Japon: le parti au pouvoir vers une large victoire aux sénatoriales
©AP

Le Parti libéral-démocrate (PLD, droite nationaliste) auquel appartenait M. Abe, et son allié le Komeito, pourraient selon les projections de la chaîne publique NHK remporter ensemble jusqu'à 83 sièges sur les 125 qui étaient à pourvoir dimanche (le Sénat compte au total 248 sièges, renouvelés par moitié tous les trois ans).

A 18H00 (10H00 à Bruxelles), deux heures avant la fermeture des bureaux de vote, le taux de participation était de 27,38%, très légèrement supérieur à celui des précédentes sénatoriales.

L'actuel Premier ministre nippon, Fumio Kishida, avait dénoncé l'attaque "barbare" contre Shinzo Abe, son ancien mentor, insistant sur l'importance de "défendre les élections libres et équitables, qui sont le fondement de la démocratie". "Nous ne céderons jamais à la violence", avait-il tonné.

Survenu à Nara, dans l'ouest de l'archipel, l'assassinat par balles de M. Abe, l'un des hommes politiques les plus connus de l'Archipel, a profondément meurtri et ému au Japon comme à l'étranger, et les messages de condoléances ont afflué du monde entier, y compris de Chine et de Corée du Sud, avec lesquelles le Japon entretient des relations souvent houleuses.

Après avoir été brièvement suspendue par les différents partis à la nouvelle de l'attaque de l'ancien Premier ministre, la campagne électorale avait repris samedi avec des mesures de sécurité accrues, alors que la police de Nara a reconnu des failles "indéniables" dans celles qui entouraient le meeting de M. Abe.

"Nouveau capitalisme"

Elle a été dominée par des préoccupations locales, notamment les hausses de prix et les risques concernant l'approvisionnement en électricité, alors que la canicule qui touche le Japon depuis fin juin fait craindre une pénurie d'électricité.

"L'économie mondiale stagne et le Japon est également en crise économique à bien des égards, avec des salaires qui n'augmentent pas", a commenté Shigeru Kato, 75 ans, interrogé par l'AFP à la sortie d'un bureau de vote à Tokyo. Si on ne fait rien, "le Japon va s'enfoncer encore plus", a-t-il ajouté.

Dans un pays souvent critiqué pour le manque de représentation féminine dans ses institutions et la direction de ses entreprises, une proportion record de 33% de femmes figurait ce dimanche parmi les 545 candidats.

La large victoire aux sénatoriales qui se profile consoliderait le pouvoir de Fumio Kishida, qui s'est fait le chantre d'une politique économique plus redistributive baptisée "nouveau capitalisme", avant une période de trois ans sans élections prévues.

Sa coopération étroite avec les alliés occidentaux du Japon pour faire pression sur la Russie a aussi été saluée dans l'Archipel, et son projet d'accroître "considérablement" le budget de la défense est également populaire, alors que la Chine ne cesse d'affirmer ses ambitions territoriales en Asie-Pacifique.

La tendance à l'augmentation des dépenses en matière de défense pourrait encore se renforcer après l'élection, selon Yu Uchiyama, professeur de sciences politiques à l'Université de Tokyo, qui pense que la "position de fermeté (du Japon) à l'égard de la Chine va probablement être maintenue".